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Lotus 49

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Une petite bombe pour une grosse révolution en Formule 1 : voici la Lotus 49.

L’important changement de règlement de l’année 1966 au sujet de la cylindrée des moteurs fait considérablement s’augmenter la puissance des différents blocs propulseurs. Là où la légèreté primait sur la cavalerie, ce sont désormais les cœurs mécaniques qui dictent la danse. Chez Lotus, as des as en matière de voiture poids plume, cette modification de la réglementation oblige à une refonte des anciens modèles. Ainsi, les très épurées 25 ou 33, pourtant si véloces en milieu de décennie, finissent par devenir obsolètes. Fini les petits V8 Climax, place au gros huit cylindres BRM ou à l’imposant H16. Ces lourds moteurs sont patauds en plus d’être peu fiables et la nouvelle 43, étrennée en 1966, n’est guère plus plaisante à piloter. Un profond changement doit s’opérer et Colin Chapman le sait. Premièrement, trouver un moteur unique en son genre, puissant, robuste et peu cher. Par chance, l’anglais à le bras long et certaines de ses connaissances lui font part d’un projet jusque-là en développement : le V8 DFV Ford-Cosworth. Conçu et fabriqué par Cosworth, préparateur de génie, ce tout nouveau bloc, badgé de l’ovale bleu américain pour alléger la facture, est un bijou d'ingénierie qui deviendra le maillon fort de la discipline durant de très nombreuses saisons. Ce moteur de 3L à quatre arbres à cames et trente-deux soupapes développait 420cv dans sa version initiale. L’autre atout de ce bloc anglo-américain réside dans son montage sur la nouvelle Lotus 49 dessinée par Maurice Philippe. Pour la première fois de l’histoire, le moteur n’est pas monté dans la monocoque mais boulonné par l’arrière. Ainsi, le châssis diminue de taille de presque moitié, offrant un gain de poids non-négligeable. Les suspensions arrière sont donc directement implémentées sur la boite de vitesses et les différents points d’ancrage du moteur, supportant alors toute la charge du train arrière. Sur le papier, l’idée est sensationnelle mais qu’en est-il en réalité ?

Si son arrivée est prévue en 1967, ce n’est pas elle qui commence la saison. Le développement prend du temps et mieux vaut lancer une voiture perfectionnée dans la bataille qu’un bolide désastreux fragile comme du verre. C’est ainsi que pour le grand-prix d’Afrique du Sud, ce sont les Lotus 43 qui seront de la partie. Le circuit de Kyalami est une torture pour les blocs et le terrible H16 BRM n’échappera pas à la sanction. Résultat : vingt-deux tours et puis s’en vont. A Monaco, l’écurie anglaise recule encore dans le passé en ressortant du musée les 33 vues de 1964 à 1966. Pour Clark, c’est un V8 Climax qui le propulse alors que pour son équipier Hill, un V8 BRM fera l’affaire. Seul ce dernier croisera la ligne d’arrivée en deuxième position, de quoi souligner le beau potentiel restant de cette bête si victorieuse deux ans auparavant. Mais à Zandvoort, changement de cap. Ce grand-prix des Pays-Bas est l’occasion d’enfin mettre en piste la tant attendue Lotus 49. Parée de son vert iconique et de sa bande jaune centrale, la belle anglaise attire l’œil autant qu’elle éveille la curiosité. Les Brabham, Ferrari, Cooper, Eagle ou BRM n’ont qu’à bien se tenir. Après des mois d’essais intensifs en Angleterre, la nouvelle machine prend place sur la grille de départ et le résultat est déjà prodigieux. Première course et première pole position pour Graham Hill et pour Ford-Cosworth, largement devant Jim Clark, seulement huitième des qualifications après avoir vu l’un de ses disques de frein se briser dans son ultime tentative. Bien que la prestation soit déjà une réussite, le V8 semble imprévisible. Dès le départ, le poleman s’échappe et parvient à creuser l’écart alors que derrière, la Lotus frappée du numéro 5 entame sa remontée aux avant-postes. Après dix tours, l’écossais est déjà au pied du podium et grimpera même d’un rang au passage suivant. Problème, c’est Hill qui rétrograde. L’un de ses arbres à cames se grippe, c’est l’abandon. La seule 49 rescapée poursuit sa route et après avoir effacé Rindt puis Brabham, la voilà caracolant en tête pour ne plus jamais la quitter. Le double champion du monde ne cesse de pousser et sous le drapeau à damier, plus de vingt secondes le sépare du second. Premier départ et première victoire pour l'impressionnant DFV Cosworth, une série qui ne sera pas prête de toucher à son terme. Cette entrée en fanfare sur la scène internationale effraie déjà la concurrence, épatée par l’ingéniosité de la Lotus. Mais si cette dernière est très performante, elle n’est pas invulnérable. Son talon d’Achille ? Le fragile V8. A Spa-Francorchamps, la puissance de la bête verte et jaune propulse le récent vainqueur en pole position, améliorant de dix secondes pleines la marque de l’année écoulée ! Relégué à plus de quatre secondes de son équipier, Graham Hill n’est pourtant que troisième sur la grille de départ. Au vue des performances sensationnelles des 49, personne ne voit comment les machines anglaises pourraient être stoppées. Pourtant, dès le départ, la machine de l’élégant moustachu ne décolle pas, batterie hors d’usage. Un rapide passage par les stands n’y changera rien, son embrayage est lui aussi touché. A l’inverse, l’écossais pousse encore et toujours, distançant son principal rival, Jochen Rindt. Mais alors que tout était sous contrôle et que les chronos descendaient crescendo, le V8 anglo-américain s’enraye au douzième passage. Une bougie s’est cassée et le fabuleux moteur n’est plus qu’un sept cylindres malade. Le remplacement de la pièce défectueuse sera interminable et à peine le voilà reparti qu’une autre bougie cède à son tour. Cette triste destinée condamnera Lotus à regarder Dan Gurney et sa splendide Eagle s’imposer pour la seule fois de son histoire. En France, pour l’unique épreuve disputée sur le circuit Bugatti du Mans, les Lotus 49 font figures de favorites et leur troisième pole position en trois courses ne fait que confirmer leur position. Pourtant, rien ne semblait aller droit depuis l’entame de week-end. Après avoir été bloquées par la douane, les machines anglaises n'arrivent que très tard dans la Sarthe et il faudra attendre la fin des qualifications pour que le plein potentiel ne soit dévoilé. Dans les dernières minutes de séance, Hill arrache la pole position alors que Clark ne se classe que quatrième. Très vite, les Lotus 49 occupent les premières places mais après neuf tours, celle du moustachu britannique s’arrête subitement, transmission cassée. La sentence sera la même pour Clark quelques boucles tard. La belle anglaise a beau être sacrément rapide, sa fragilité pourrait bien mettre à mal ses chances de titre mondial, à moins que le V8 ne soit grandement fiabilisé…

Pour la course à domicile de Silverstone, les Lotus 49 monopolisent les deux premières places, pour le plus grand plaisir des supporters anglais venus en masse. Les anglaises dominent aisément leurs adversaires et ce, malgré un impressionnant crash de Hill en qualifications. Cette déconvenue le verra d’ailleurs s’aligner avec une monoplace rafistolée, reprenant, entre-autre, le nez de l’ancienne Lotus 33. La course sera à l’image des qualifications avec une domination sans failles des deux monoplaces, Clark et Hill s’échangeant à plusieurs reprises la tête de la course. Mais à vingt-cinq tours du but, le chat noir refait son apparition. Une des suspensions du britannique s'affaisse, laissant libre champ au pilote de la n°5 de voler vers un beau succès à domicile. Si l’élément perturbateur est vite réglé, un arbre à cames défectueux viendra compromettre les dernières chances de points de Graham Hill, pourtant revenu dans le sillage de Surtees. L’écossais est le premier double vainqueur en cette année 1967 si disputée mais l’écart avec le leader du championnat Denny Hulme est déjà conséquent. Sur le tortueux Nürburgring, quelques modifications sont apportées aux Lotus. Les suspensions arrière, un peu trop fragiles, ont été renforcées. De plus, les éléments d’allumage, initialement placés au-dessus de la boîte de vitesses, ont été déplacés pour éviter d’éventuelles surchauffes. Sur une piste allemande désormais coupée d’une chicane rapide, Clark abat son précédent record de 12 secondes. Sur l’autre machine en revanche, l’anglais n’est pas à son aise. Après un gros accident, il est contraint d‘utiliser la monture de l’écossais pour couvrir les tours nécessaires afin d’être admis sur la grille de départ. L’auteur de la pole position continue de faire parler la poudre et mène la danse mais après trois passages, son avance sur Hulme et Gurney diminue considérablement. Une crevaison lente touche sa monture à l’arrière-droit, occasionnant d'importants dégâts sur la suspension. L’abandon est inévitable, la perte de points conséquente. Le calvaire de Lotus se poursuit avec un écrou défaillant sur la monture de Hill, finissant par renoncer lui-aussi sur ennui de suspension. Il faut dire que se faire outrageusement dominer par un Jacky Ickx en Formule 2 dans la même épreuve n’était pas la meilleure publicité possible pour le double champion. La douche froide se poursuit au Canada, sur la piste de Mosport Park et ce, malgré une troisième voiture pour l’équipe officielle confiée à Wietzes, un régional de l’étape. Ce premier grand-prix tout en haut du continent américain démontre une fois de plus la vélocité et l’agilité des Lotus 49 avec la sixième pole position de rang pour l’équipe de Chapman. D’ailleurs, son pilote Jim Clark efface des tablettes ici-même le record de pole position jusque-là détenu par Fangio avec trente unités. Le doublé est assuré par Hill, trois dixièmes derrière son équipier champion mais tout de même huit secondes devant son inexpérimenté voisin de garage canadien. La piste est détrempée et en l’absence de pneus adaptés, les Lotus sont à la peine. L’écossais parvient cependant à limiter la casse et lorsque la trajectoire s’assèche, la cadence augmente drastiquement. Au moment de revenir sur les talons du leader Hulme, la pluie retombe mais c’est bien Clark qui occupe le leadership, son adversaire étant contraint de s’arrêter aux stands pour changer de lunettes ! Mais alors que tout semblait aller dans le bon sens, l’allumage de la Lotus de tête se noie. Les tentatives désespérées de son pilote pour redémarrer le cœur mécanique seront vaines : c’est l’abandon, une fois encore, tout comme Wietzes, au même moment. Du côté de Hill, rien ne va pour le mieux. Le rythme est terriblement lent et alors qu’il profite des malheurs de ses concurrents pour remonter, il effectue un tête-à-queue qui le relègue en quatrième place, à deux tours du vainqueur du jour, Jack Brabham. La fin de saison se rapproche dangereusement mais Chapman l’a compris : 1967 ne sera sûrement pas l’année de la consécration pour la Lotus 49 et pour cause, le team Brabham a déjà amassé les lauriers.

Sur le très rapide circuit de Monza, la puissance du bloc Ford-Cosworth fait des merveilles. Pole position pour un Clark toujours autant à son aise, loin, très loin devant Hill huitième, et Baghetti, invité sur une troisième machine. Sur ce tracé spectaculaire, les aspirations sont légion et les dépassements s’enchainent sans discontinuer. Alors qu’il perd la tête à l’abaissement du drapeau, l’écossais finit par la retrouver, emmenant avec lui son équipier anglais dans son sillage. Les Lotus 49 sont évidemment les plus rapides mais seront-elles exemptes de pépins ? Après treize tours, Clark regagne les stands pour faire changer un pneu crevé. S’il reste dans le tour du leader, son retard se chiffre à plus d’une minute. Seul Hill peut encore faire triompher l’écurie de Chapman et rapidement, les abandons successifs et les surrégimes de ses concurrents lui offrent un beau matelas d’avance. Malheureusement pour lui, le moteur V8 lui fait encore défaut tout près du but, tout comme celui de Baghetti quelques boucles auparavant. Tous les espoirs tombent à l’eau pour Lotus, enfin, pas vraiment. Reparti le couteau entre les dents, le champion 1963 et 1965 cravache et double un à un ses adversaires directs pour reprendre la tête à sept tours du but ! Son rythme terrifiant est impressionnant mais non sans risques. Dans le tout dernier passage, sa trop grosse attaque le condamne : c’est la panne d’essence. Surtees et Brabham n’en demandaient pas tant pour subtiliser cette place tant convoitée. Troisième sur la ligne d’arrivée en roues libres, l’écossais est évidemment déçu, d’autant que ce résultat l’exclut officiellement de la course au titre. Ce n’est que partie remise en 1968… Pourtant, c'est à ce moment précis que la Lotus 49 dévoila son vrai potentiel, devenant la bête de course tant attendue par Chapman et ses hommes. Trois 49 sont au départ à Watkins Glen, une troisième étant ajoutée pour Solana. Comme il l’avait fait aux Pays-Bas, Hill parvient à devancer Clark en qualifications. Le lendemain, les positions s’inversent mais pour une fois, les Lotus tiennent le coup, exceptée celle de Solana, arrêtée suite à un souci d’allumage. Très facilement devant, les deux 49 dominent de la tête et des épaules mais l’embrayage de Hill commence à fatiguer et le changement de vitesse se complique. Son équipier s’envole et Amon remonte jusqu’en deuxième place. Mais à quelques tours de l’arrivée, nouveau coup de théâtre : l’italienne du néo-zélandais voit son moteur partir en fumée. Le doublé tant attendu se profile mais à quelques kilomètres du but, un point d’accroche de suspension cède sur la machine du leader. Dans un contrôle magistral, Clark parvient à garder sa monture sur le droit chemin, non sans baisser drastiquement son rythme. Sous le drapeau à damier, les deux Lotus malades croisent la ligne d’arrivée dans le même ordre, une consécration. Pour la dernière course au Mexique, les pilotes Lotus n’ont plus aucune chance au championnat mais la récente démonstration de la 49 fait espérer un nouveau succès. Solana est reconduit pour sa manche à domicile. La course en altitude est rude pour les machines et sur les trois Lotus au départ, seule celle de Clark termine. Pourtant bien parti, Hill renonce sur ennui technique, tout comme Solana, bien installé en cinquième position. En proie à de gros problèmes d’embrayage, le recordman de poles position domine comme jamais, menant tous les tours, à l’exception des deux premiers emmenés par Hill. La saison 1967 s’achève ainsi et c’est Hulme qui récolte les lauriers. Pour sa première année en compétition, la Lotus 49 aura fait mal à ses adversaires. Bien que toujours en pole, elle n’aura pas converti autant qu’escompté le lendemain, la faute à une mécanique un brin trop fragile. Son incroyable maniabilité en fait une arme de choix, ne restait plus qu’à fiabiliser le capricieux Cosworth et les trop fragiles suspensions…

Fort d’un nouveau doublé hors-championnat à Jarama fin 1967, l’équipe de Chapman se place en grandissime favorite pour 1968. Pourtant, en entrant dans cette nouvelle saison, les jours de la Lotus 49 sont déjà comptés car une évolution rapide de la monoplace est attendue en début de saison. C’est donc au grand-prix d’Afrique du Sud, le 1er Janvier, que les pilotes s’affrontent de nouveau. Petite nouveauté : la Matra MS9 de Jackie Stewart est elle aussi équipée du DFV Ford-Cosworth, bientôt suivie par les McLaren. Les performances des monoplaces ont atteint des niveaux stratosphériques si bien que les chronos sont abaissés de sept secondes par rapport à 1967, un boulevard sur un si petit circuit. Sans surprises, le recordman de pole position Jim Clark reprend son œuvre en signant son trente-troisième meilleur temps, une seconde pleine devant Hill. Si les 49 perdent la tête au départ, l’écossais ne met que peu de temps à reprendre le commandement pour ne plus jamais le quitter. La mécanique tient le coup, tout comme sur la monture de son équipier, deuxième sous le drapeau à damier. Si le championnat semble plié d’avance après seulement un meeting, personne ne pouvait se douter qu’en ce premier jour de l’année, beaucoup de statistiques n’évolueraient plus. Trois mois plus tard, dans une course de F2, le récent vainqueur se tue sur la piste de Hockenheim. Bien plus que le paddock de Formule 1, c’est tout le grand cirque de la course automobile qui pleure sa légende. Avant de partir, le double champion aura laissé une empreinte indélébile dans ce monde risqué où la mort peut vous attendre à chaque virage. Plus grand nombre de victoires, de poles positions, de grands Chelem, soit la pole + victoire + meilleur tour + tous les tours menés, un record encore actif aujourd’hui, et plus grand nombre de tours menés en carrière, le tout, toujours sur Lotus. Colin Chapman est dévasté. Le championnat s’en retrouve déjà bouleversé, même si c’est un autre pilote Lotus, Graham Hill en l'occurrence, qui prend la place de grand favori des bookmakers. En arrivant en Espagne, sur le circuit de Jarama, petite nouveauté. Les Lotus 49, désormais attribuées au moustachu et à Jo Siffert, n’arborent plus les iconiques couleurs verte et jaune. A la place, ce sont celles d’un cigarettier qui apparaissent, faisant la part belle au rouge, blanc et or. Il faudra attendre 2010 et la renaissance de l’iconique marque anglaise pour que les traditionnelles teintes soient retrouvées. Le jour des qualifications, petite révolution. Pour la première fois depuis son introduction en grand-prix, la Lotus 49 n’est pas en pole position mais seulement sixième entre les mains de Hill, cinq petits dixièmes derrière la surprise Amon et sa Ferrari. Siffert n’est pas à son aise et c’est depuis la dixième position, sur treize partants, qu’il s’élance pour la manche espagnole. Auteur d’une course sage, l’anglais profite des malheurs de Beltoise, Rodriguez et Amon pour s’imposer lors d’une épreuve à élimination, la dernière pour la belle 49. Ce succès sera d’ailleurs le premier pour une voiture recouverte d’autocollants en tout genre, preuve de l’évolution grandissante de la Formule 1. Enfin, est-il possible de parler d’évolution ou de révolution à ce stade ? La question est légitime car plus rien ne sera pareil après ce grand-prix espagnol…

Car à Monaco, la remplaçante de la Lotus 49 est là. Il s’agit de la 49B, dotée d’une toute nouvelle invention : un aileron avant. Une longue aile arrière profilée sur le capot moteur se dessine également. Le visage de la Formule 1 allait changer à tout jamais. Avec un gros travail au niveau des suspensions, la nouvelle bête de Colin Chapman et Maurice Philippe est prête à affoler les compteurs, ce qu’elle fera tout au long de la saison 1968 en raflant les deux couronnes, bien que la fiabilité de l’ensemble soit toujours hasardeuse. Pour autant, la désormais remisée 49 n’en a pas fini de fouler les bitumes du monde entier. Sous les couleurs de Rob Walker, Jo Siffert s’aligne à quatre reprises avec cette machine sans pour autant briller. En remportant très facilement le grand-prix monégasque, la 49 se voit dédiée aux équipes privées. John Love sera également de la partie, disputant les manches sud-africaines de 1969 et 1970, sans plus de réussite. Seul Attwood, présent dans le team officiel à Monaco en 1969, parviendra à extirper la performance de sa belle monture en terminant quatrième dans les rues de la Principauté, un beau résultat pour une voiture iconique.

L’évolution rapide de la discipline pousse les modèles les plus aboutis au musée en un rien de temps. La si avant-gardiste Lotus 49 n’y échappe pas et après un an de bons et loyaux services dans l’équipe officielle, elle disparaît des circuits. La fabuleuse 49B fera des émules dans le paddock car très vite, les ailes se multiplient sur chaque machine. Cela conduira à de dramatiques incidents mais aussi à une envolée spectaculaire des vitesses de passage en courbe. L’âge de pierre de la Formule 1 était révolu. La brillante création de Chapman n’aura pourtant pas eu autant de succès qu’escompté. Rapide sur un tour, la 49 aura pêchée par sa trop faible fiabilité et sa grande fragilité mécanique. Pourtant, elle aura dessiné ce que deviendra la catégorie reine dans les années futures, faisant entrer, par la même occasion, Ford-Cosworth dans la lumière. Le fabuleux V8 DFV, présent jusqu’en 1983, remportera la bagatelle de 154 victoires lors de ses 227 premiers départs, un bloc inusable qui mènera plus que la vie dure aux gourmands douze cylindres français et italiens…

La Lotus 49 en chiffres...

Grands-prix :

18

Victoires :

6

Podiums :

9

Poles Position :

10

Meilleurs Tours :

7

Mis à jour le 

29/12/2025

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