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Circuit Gilles Villeneuve - Canada

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Le Canada n’a toujours eu d’yeux que pour un pilote : Gilles Villeneuve. Quoi de plus logique que de voir le tracé de sa première victoire porter son nom.

Car s’il était un héros international, Gilles fut avant tout un enfant du pays et c’est ici-même, en 1978, qu’il remporta son premier succès en catégorie reine. Le circuit rend encore aujourd’hui hommage à son champion en ayant apposé l’inscription « Salut Gilles » sur la ligne de départ-arrivée. Construit sur une île artificielle, la tracé canadien n’a désormais que peu de chances d’évoluer. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le dessin est quasi identique aujourd’hui qu’à ses débuts en 1978. Composé de lignes droites et de virage serrés bordés de murs, le circuit se rapproche indéniablement d’une piste urbaine tout en gardant les caractéristiques d’un circuit permanent. Ses gros freinages et ses longues accélérations en font l’un des rendez-vous les plus rudes pour la mécanique, occasionnant très souvent de gros problèmes de fiabilité. En 2014, alors que la Formule 1 entamait son hégémonie Mercedes, un vainqueur surprise fit son apparition, Ricciardo sur et Red Bull. Pourtant bien installées en tête, les deux flèches d’argent furent touchées au même moment de la même panne. Avec un récupérateur d’énergie au freinage défaillant, les deux allemandes furent contraintes de baisser de rythme et même d’abandonner pour Hamilton, faute de ne plus avoir suffisamment de puissance de freinage. En 1998, ce sont les McLaren qui étaient en proie à des soucis de fiabilité, les deux monoplaces grises et noires abandonnant à tour de rôle lors d’une course rocambolesque. Mais le pépin le plus mémorable revient à Mansell en 1991. Alors qu’il ne lui restait que quelques virages, le britannique salua la foule. Et là, l’expression « ne pas crier victoire trop tôt » prend tout son sens. Dans l’épingle, le moustachu oublie de rétrograder, faisant caler son V10 Renault. Ce fût l’abandon à quelques encablures de l’arrivée. Mais le champion du monde 1992 n’est pas le seul à avoir fauté sur le sol canadien. Beaucoup d’autres champions ont également commis l’irréparable, à commencer par Hamilton. Alors que la course était neutralisée par la voiture de sécurité, quelques pilotes comme Raikkonen, Hamilton ou Rosberg décidèrent de ravitailler mais à la sortie des stands, le feu est rouge, ce qu’avait remarqué le finlandais, mais pas le britannique et l’allemand. Hamilton s’encastra dans la Ferrari alors que Rosberg percuta la McLaren. Le grand-prix de Montréal est également incontournable car il dispose du mur le plus connu de tous les sports mécaniques, le fameux « Mur des Champions ». Le nom de ce bout de béton, qui portait il y a encore quelques temps l’inscription « Bienvenue au Québec », tient du fait que bon nombre de grands pilotes l’ont au moins une fois percuté. M.Schumacher, J.Villeneuve, D.Hill, Vettel ou encore Button sont quelques pilotes à avoir tapé. La liste peut facilement s’agrandir si l’on ajoute Zonta, R.Schumacher, Montoya, Barrichello, Heidfeld, Trulli, Berger, et moins étonnant, Maldonado. Les accidents ont toujours fait partie de la Formule 1 mais le Canada n’en a pas manqué. En 1980, un carambolage dès le départ met 7 voitures sur le carreau, dont le régional de l’étape, G.Villeneuve et sa Ferrari. En 1998, c’est 4 voitures qui furent stoppées après les multiples cabrioles de Wurz. Plus récemment, en 2014, c’est le duo Perez-Massa qui provoque la fin prématurée du grand-prix avec un très gros crash dans le tout dernier tour. Mais le circuit Gilles Villeneuve est aussi connu pour faire mal. En 1980, Jabouille sort violemment de la piste et heurte les barrières, se brisant les 2 jambes. En 1982, le moteur calé de Pironi l’empêche de décoller mais derrière, les voitures sont lancées à pleine vitesse. Malheureusement, l’italien Paletti ne le voit pas et empale la Ferrari arrêtée. Le pilote, coincé au milieu d’un terrible brasier, décède sur le coup. En 1997, c’est Panis qui fût touché, amenant même à l’arrêt de la course. Mais celui dont tout le monde se souvient reste celui de Kubica en 2007. Alors qu’il évoluait en milieu de peloton, le polonais heurta une Toyota et explosa sa BMW-Sauber contre les murs avant d’effectuer une pirouette et de se retrouver contre le mur. Kubica s’en tira miraculeusement bien, souffrant d’un traumatisme crânien et d’une entorse à la cheville, après un impact enregistré à plus de 75 G.

Pourtant, ce terrifiant accident n’arrêta pas le polonais. En effet, celui-ci s’imposa l’année suivante pour sa seule et unique victoire en Formule 1, devenant ainsi le premier polonais vainqueur de grand-prix, et offrant par la même occasion la seule victoire et le seul doublé de l’alliance BMW-Sauber. Mais ce n’est pas la seule belle histoire canadienne. En 1989, Boutsen décrocha sa première victoire, la première belge depuis Ickx en 1972. Six ans plus tard, c’est Alesi qui décrocha, le jour de son anniversaire, son unique victoire dans la discipline reine, bénéficiant des soucis rencontrés par M.Schumacher en cours de grand-prix. Ce dernier nous offrit même un magnifique moment lorsqu’il ramena le vainqueur du jour sur le capot de sa monoplace jusqu’au podium. C’est également sur ce tracé qu’en 2007 et 2014 respectivement, Hamilton et Ricciardo décrochèrent leur premier succès. En 2001, après 4 ans de rivalité, les frères Schumacher écrivent l’histoire de la Formule 1 en réalisant leur premier doublé, Ralf devant Michael, avant de le rééditer deux ans plus tard, dans l’ordre inverse. En 2019, le grand-prix est secoué par le fameux coupage de chicane de Vettel. Alors en tête, l’allemand manqua son freinage dans la première chicane avant de court-circuiter dans l’herbe. Hamilton tente de s’infiltrer mais la Ferrari revient sur la piste sous le nez de la Mercedes. Très vite, le quadruple champion reçoit une pénalité pour conduite dangereuse, une sanction vivement critiquée par le public, les fans, et surtout Vettel. Vexé de se faire retirer sa victoire, il attend de longues minutes avant de rejoindre le podium, là où il inversera les pancartes de premier et deuxième. Et comment parler du grand-prix du Canada sans parler de l’incroyable édition 2011. Perturbée par la pluie, l’épreuve dura pas moins de 4 heures 4 minutes et 39 secondes, ce qui reste, à ce jour, le record de durée pour un grand-prix. Mais ce n’est pas le seul record brisé pendant cette course. En effet, la Safety Car est intervenue à 6 reprises et a couvert plus de 30 tours sur les 70 que compte l’épreuve. Malgré ces ralentissements, Button, pourtant touché par 2 accrochages et une pénalité, s’imposa en dépassant Vettel dans le tout dernier tour alors qu’il partait en dernière position au moment du second départ. Ce week-end fou n’était pas sans rappeler celui de 1998 et la victoire de M.Schumacher, pourtant pénalisé d’un Stop and Go de 10 secondes après une manœuvre plus qu’hazardeuse sur Frentzen à la sortie des stands. Et bien sûr, il reste le mythe 1981 et la sensation du Petit Prince Villeneuve. Connu pour sa pointe de vitesse, son pilotage hors-pair et sa faculté à jouer des coudes, le canadien étonna son monde en terminant troisième d’un grand-prix couru sans aileron avant, perdu suite à un tête-à-queue et à un contact avec le mur. Les choses auraient pu être dramatiques lorsque ce fameux aileron se dressa à la verticale juste devant la tête de son pilote qui, malgré la dangerosité de la situation et les très mauvaises conditions météo, continua sur un rythme d’enfer jusqu’à l’arrivée. Du grand Gilles quoi.

Le grand-prix montréalais est toujours un rendez-vous immanquable du petit monde de la Formule 1, où les courses ont toujours été des plus passionnantes. Le suspense, la météo, la fiabilité sont autant de facteurs à prendre en compte pour espérer y briller et même si le grand-prix n’a pas eu lieu en 2020 et 2021, tout le monde n’a qu’une hâte, retrouver ce fabuleux circuit.

Le circuit Gilles Villeneuve en chiffres...

Années de présence en Formule 1 :

1978 - 1986 ; 1988 - 2008, 2010 - 2019 ; 2022 - aujourd'hui

Longueur :

4.361 km

Nombre de tours :

70

Meilleur temps en qualifications :

1'10"240 (Hamilton - 2019)

Meilleur temps en course :

1'13"078 (Bottas - 2019)

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