Circuit de Suzuka - Japon

Suzuka : un tracé aussi dur que mythique, mais tout aussi dangereux...
C’est au cœur du Japon que se déroule l’une des plus éprouvantes courses de la saison. Et c’est sur l’ultra technique circuit de Suzuka que les bolides s’élancent chaque année depuis 1987, excepté 2007 et 2008 où les voitures couraient sur le tracé de Fuji. Piste jugée comme étant la plus complète du calendrier, Suzuka est également la seule étape à proposer un circuit en forme de « 8 », grâce à l’enjambement d’un pont au cœur du tracé. Toujours placé en dernière partie du championnat jusqu’en 2023, la piste ultra sélective aura eu raison de plusieurs championnats, la dernière fois remontant à 2022. Les « S », les « Degner », « Spoon » ou encore le « 130R » sont autant de virages aux noms connus par les fans, chacun d’entre eux disposant de son propre caractère. Que ce soit des enchaînements de virages gauche-droite, de courbes très rapides ou plus lentes, épingle ou encore chicane, peu de pistes dans le monde peuvent prétendre atteindre la complexité d’un Suzuka. Pour ne rien arranger, le bitume est bordé de bacs à gravier et de vibreurs assez hauts, de quoi rendre la tâche encore plus complexe à ces as du volant. Et qui dit circuit difficile signifie forcément erreur plus simple à effectuer. Et à ce jeu-là, aucun pilote n’aura éviter les ennuis, que ce soit en essai ou en course. Bon nombre de pointures sont ainsi sorties de la piste, à l’image de Vettel, Hamilton, Alonso, M.Schumacher, Senna, Prost ou encore Mansell. Mais quelques-uns de ces incidents méritent une attention toute particulière. Les qualifications en 2009 furent une triste scène avec pas moins de 4 voitures accidentées, dont l’allemand Glock, qui finira blessé à la jambe. L’année suivante, la Virgin de Di Grassi ne voit même pas son emplacement sur la grille, le brésilien détruisant violemment sa monture durant le tour de mise en grille. Un départ que Hulkenberg et Petrov n’oublieront sans doute pas de sitôt, les deux pilotes s’accrochant dès l’extinction des feux. Même sanction pour Massa et Liuzzi quelques mètres plus loin qui ne virent qu’à peine le premier virage. En 2012, Grosjean dispute sa seconde course depuis sa suspension mais après quelques mètres et une crevaison d’Alonso, le pilote Lotus récidiva en accrochant Webber. Une erreur qu’il ne répéta pas l’année suivante, étant l’auteur d’un départ sensationnel pour s’adjuger la première place à l’issue du premier virage. En 2015, Kvyat réalisa une incroyable pirouette avec sa Red Bull, une première pour lui. Pour autant, s’il y a bien un accrochage qui aura marqué Suzuka, c’est bien évidemment celui des McLaren en 1989. Cette année-là, l’affrontement Prost-Senna fait les gros titres. Suzuka deviendra le réel tournant dans la relation entre les deux hommes. Après avoir manqué son envol, Senna remonta rapidement le paquet avant de se retrouver derrière le français. S’en suit alors l’une des scènes les plus iconiques de l’histoire de la discipline. Le brésilien tenta une manœuvre presque “kamikaze” en freinant très tard au niveau de la chicane. Devant lui, Prost ferme la porte. L’accrochage, évité jusque-là, finit par arriver. Les deux MP4/5 sont bloquées. Si Prost renonce, moteur calé, le Pauliste demande aux commissaires présents de le pousser pour repartir. Quelques boucles plus tard, la direction de course tranche : Senna est disqualifié. Non pas pour la responsabilité de l’accident, mais pour avoir court-circuité la chicane en repartant. C’est donc un Nannini héroïque qui récupère les lauriers, tout comme Prost, couronné champion du monde 1989 grâce à la sanction infligée à Senna. Un an plus tard, les deux nous offrent l’une des plus décevantes fins de championnat. A l’issue du premier virage, les deux rivaux se télescopent, se retrouvant englués dans le bac à graviers, permettant à Senna de s’adjuger le titre, une manœuvre volontaire de la part du Pauliste qui ternira forcément le tableau de sa carrière. Une couronne mondiale étonnement récoltée par Verstappen en 2022, le hollandais décrochant sa deuxième étoile après l’application, après course, d’une pénalité à Leclerc pour sa défense musclée sur Pérez dans le dernier virage du dernier tour…

1987

1989

2015

1987
Les incidents et accidents ont toujours accompagné le grand-prix japonais, et ce n’est pas Alesi et Raikkonen en 2001 ou McNish en 2002 qui diront le contraire. Éviter l’erreur est donc la première chose à faire pour atteindre l’arrivée mais dépasser requiert une bonne dose de courage. Un pilote brilla tout particulièrement en 2005 : Kimi Raikkonen. S’élançant en 17ème position, le finlandais avait fort à faire pour gagner des places. De plus, à l’issue du premier tour, la seconde McLaren de Montoya s’écrasa dans les barrières laissant la Toyota de R.Schumacher en tête de l’épreuve. Ce n’est pourtant pas ce qui gêna le finlandais qui remonta un à un ses adversaires, se retrouvant dans les échappements de la Renault de Fisichella à l’entame du dernier tour. Et c’est par l’extérieur du premier virage que le pilote McLaren réalisa l’exploit de passer l’italien et ainsi de s’adjuger la victoire. Derrière Raikkonen, Alonso nous impressionna avec un dépassement très osé dans l’ultrarapide 130R sur M.Schumacher. Ce même espagnol qui, en 2015, critiqua ouvertement le moteur Honda devant ses représentants avec le fameux “GP2 Engine”... En 2006, le septuple champion allemand voit son moteur partir en fumée alors qu’il était en tête, réduisant presque à néant ses chances de huitième étoile. Ce n’était pas la première fois que le titre lui échappa sur la manche japonaise, l’allemand étant victime d’une incroyable malchance en 1998. Après une première procédure de départ avortée, un nouveau tour de chauffe est lancé mais la mécanique de la Ferrari ne le supporte pas. Résultat, à la place de la pole position, c’est la dernière place sur la grille qui attend le Baron Rouge. Le championnat est offert sur un plateau d’argent à Hakkinen, son premier, malgré le retour en force du pilote Ferrari en cours de grand-prix, finalement stoppé par l’éclatement d’un pneumatique. Un titre auquel passa à côté Mansell en 1987, pris par excès de fougue durant les essais. Blessé suite à sa sortie, il ne pourra pas prendre part à la course, laissant Piquet filer vers son troisième titre mondial. Un titre qui aurait pu échapper à Villeneuve dix ans plus tard. Sous le coup d’une suspension pour ne pas avoir ralenti sous drapeaux jaunes quelques grands-prix auparavant, le canadien, qui récidive durant les essais, fût purement et simplement disqualifié du meeting, de quoi le reléguer à un point derrière son rival Schumacher avant la manche finale de Jerez. 2012 fût également une année très spéciale. Outre les accrochages du départ, un pilote en particulier démontra tout son potentiel en inscrivant un podium inespéré, qui plus est devant des milliers de fans : Kamui Kobayashi. Le pilote Sauber étincela, montant sur son unique podium mais salué de la plus belle des manières qui soit avec l’acclamation d’un public entièrement acquis à sa cause. Devant lui, Massa réalisa une jolie performance avec une deuxième place, son premier top 3 depuis la Corée du Sud, deux ans auparavant. Pour autant, Kobayashi n’est pas le seul japonais à être monté sur le podium de Suzuka. En effet, son compatriote Suzuki signa la même performance en 1990, amenant en 3ème place sa Lola à moteur Lamborghini, un exploit qui restera unique pour le motoriste italien et le japonais, de même pour Moreno, étonnant deuxième pour la seule fois de sa carrière. En 2023, le petit prodige Piastri valide son année de rookie en accrochant également un premier podium en carrière. Si certains pilotes y ont vécu un bonheur immense, aucun d’entre eux ne savoura ce terrible grand-prix du Japon 2014. Disputée sous des trombes d’eau suite au passage d’un typhon, la course est arrêtée dans sa seconde moitié après le terrible accident de Jules Bianchi. Le malheureux français percuta de plein fouet un engin qui évacuait la Sauber accidentée de Sutil. Le choc est effroyable. Le pilote est inconscient et sa vie est gravement en danger. Quelques mois plus tard, le sympathique niçois nous quittait, laissant derrière lui un grand vide difficile à combler...

1988

1994

2012

1988
Chaque année, le grand-prix du Japon révèle les meilleurs pilotes et l’erreur est très souvent sanctionnée. La météo toujours incertaine complique encore plus la tâche des pilotes qui savent plus que tout le monde que dompter ce tracé incroyable à la perfection relève de l’impossible.
Le circuit de Suzuka en chiffres...
Années de présence en Formule 1 :
1987-2006, 2009-2019 ; 2022 - Aujourd'hui
Longueur :
5.807 km
Nombre de tours :
53
Meilleur temps en qualifications :
1'27"064 (Vettel - 2019)
Meilleur temps en course :
1'30"983 (Hamilton - 2019)