Circuit de Miami - Etats-Unis

Miami : cinq lettres qui représentent à elles seules le rêve américain. Mais est-ce le cas en Formule 1 ?
Après Long Beach, Détroit, Las Vegas, Dallas et Phoenix, la Formule 1 avait fait le tour pour ce qui est des tracés urbains aux USA. Trop imprévisibles, trop dangereux, pas intéressants, ces circuits n’auront pas vraiment eu la côte auprès des pilotes et écuries. Alors quand l’annonce de l’organisation d’un grand-prix à Miami éclate au grand jour, de nombreuses voix s’élèvent en défaveur de ce projet. Initialement prévu dans le cœur même de la mégalopole américaine, son emplacement sera totalement revu dans la présentation du projet final. C’est finalement dans la partie nord-ouest de la ville floridienne que se dessine cette piste qui serpente autour du Hard Rock Stadium, domicile des Doplhins de Miami, l’équipe de football locale. Utilisant en partie les routes adjacentes, ce circuit, de 19 virages, est extrêmement plat, d’où sa visibilité difficile, notamment avec les hauts murs de béton. Comme si le pilotage n’était pas assez complexe, régler convenablement sa monoplace n’est pas aisé, la faute à un tracé tortueux dans ses premiers enchaînements, rapide dans sa seconde partie avant de se terminer par de très lents virages, entrecoupés par l’interminable ligne droite de retour. Vu du ciel, difficile de manquer l’autodrome. Il faut dire qu’avec des dégagements bleus turquoises très “flashys”, le circuit ne manque pas d’attirer l'œil. Le plus extravagant reste sûrement cette fausse marina au milieu du tracé où trône de vrais bateaux, la démesure américaine en soit. Pour ce qui est du paddock, même résultat. C’est au milieu du stade que sont disposées les infrastructures de chaque équipe alors que le bâtiment des stands, spécialement inauguré pour le premier grand-prix en 2022, jouxte cette colossale arène de presque 65 000 places. Mais si la modernité est de mise, qu’en est-il du circuit en lui-même ? Les avis sont partagés. Avec des courbes plutôt rapides où des virages à 90 degrés typiquement américains, difficile de trouver où dépasser. La fin du deuxième secteur en est le plus bel exemple. Après une zone de pleine charge à la sortie du long gauche n°7, les pilotes entament une série de virages complexes et pas vraiment adaptés aux Formule 1. Interminable courbe à droite, angle droit à gauche, chicane gauche-droite dans la foulée avant de passer par un énième 90 degrés, voilà qui ne satisfait pas vraiment les adeptes du pilotage. Mais cette section n’a pas été réalisée par hasard. En raison de l’utilisation des routes normalement fréquentées, il est impossible de dévier quelconque tronçon. Mais après tout, c’est aux pilotes de s’adapter, non ? Après un an de construction, l’autodrome de Miami, à ne pas confondre avec l’ovale de Homestead-Miami, est fin prêt pour accueillir son premier meeting, en 2022. Mais dès la première sortie des monoplaces, un problème de taille se pose : l’état du bitume. Avec le passage successifs des bolides à forte adhérence, le tarmac se désagrège à vitesse grand V, si bien que plusieurs patchs seront appliqués en urgence pour gommer les plus gros défauts. La piste mange littéralement les pneumatiques, de quoi nous donner des courses hautement stratégiques. Dès les premiers essais, quelques sorties de piste viennent interrompre les différentes séances. Sainz et Ocon en seront les deux principales victimes, les deux malheureux tapant assez rudement les blocs de béton juste avant la chicane. L’absence de murs absorbeurs de choc sera hautement décriée et pour cause, le normand a subi un choc de 51G, cassant littéralement son châssis. C’est Leclerc qui s’élancera de la pole position pour cette première floridienne. Avant que les feux ne s’éteignent, c’est une ribambelle de stars qui défile sur la grille de départ. Nombreux sont ceux qui pavanent dans le seul but d’être remarqué aux yeux du monde entier. “Welcome to Miami” comme disent certaines…

2022

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2024

2022
Ce premier rendez-vous floridien ne sera pas des plus intéressants avec un Verstappen autoritaire, profitant de l’usure prématurée des gommes de Leclerc pour s’emparer du leadership et ne plus jamais le quitter. Derrière cependant, c’est la foire d’empoigne. A quelques boucles du but, Alonso harponne Gasly au premier virage. Le français repart mais sa monoplace est touchée. Lorsque Norris le dépasse quelques secondes plus tard, la porte se referme et le contact est inévitable. La McLaren part en tête-à-queue au milieu du circuit dans une gerbe de débris, obligeant à l’intervention de la Safety Car. Au moment de relancer, c’est Schumacher qui comme une bévue en harponnant son ami Vettel alors que plus loin, Stroll et Magnussen en font de même. 2023 ne sera pas autant animée, bien que la piste soit entièrement resurfacée. Après les deux crash successifs de Leclerc en essais libres et en qualifications dans le septième virage, la grille est bouleversée. Perez pointe en pole position et compte bien s’imposer pour prendre la tête du championnat face à son équipier Verstappen, piégé par le drapeau rouge du monégasque, le reléguant en neuvième place sur la grille de départ. Quinze boucles plus tard, le néerlandais pointe déjà au deuxième rang, une banalité en somme tant sa Red Bull RB19 performe. La bataille entre les deux autrichiennes s’annonce haletante mais elle sera des plus décevante. Dès sa première tentative, le champion du monde 2022 prend l’avantage, infligeant une réelle claque à Perez qui n’aura plus jamais la possibilité de lutter, le début de la fin pour le méxicain. Ce n’est qu’en 2024 que le classement évolue enfin. Alors que les Ferrari sont bleues et les Racing Bulls multicolores, c’est McLaren qui semble le plus en forme malgré des qualifications en demi-teinte. Norris se retrouve même sur le carreau dès le départ de la course sprint, percuté par Stroll. Un sprint marqué par les passes d’armes plus que musclées opposant Magnussen à Hamilton. Le danois, à la Haas a priori très large, se verra infliger plusieurs pénalités, le rapprochant inéluctablement d’une suspension. Pour le “vrai” grand-prix”, Perez manque de peu de faucher son équipier et les deux Ferrari à l’extinction des feux. Les Alpine feront le show en restant côte-à-côte durant presque la moitié du tour avec, au final, un avantage pour Gasly sur Ocon. A mi-course, Magnussen rejoue des coudes avec Sargeant mais cette fois-ci, l’américain ne peut lutter. La Williams s’écrase dans les barrières. La voiture de sécurité prend immédiatement la piste et se cale devant Verstappen sauf que le leader à ce moment précis est Lando Norris ! Le britannique profite de ce coup de chance pour s’arrêter aux stands et repartir en première place avant de filer vers son premier succès en catégorie reine, le premier pour une voiture papaye depuis 2021…

2024

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Le grand-prix de Miami est encore très jeune dans le calendrier de la Formule 1 mais les foules qui se déplacent en masse chaque année ne font que confirmer ce succès populaire. S’il n’a strictement rien à voir avec ses anciens compères de Dallas, Détroit ou Phoenix, il reste cependant difficile à appréhender et le spectacle en piste n’est pas toujours garanti. Sous ces hautes températures, l’effort physique reste néanmoins important mais avec des monoplaces de plus en plus complexes à suivre, quid des résultats des prochaines éditions ?
Le circuit de Miami en chiffres...
Années de présence en Formule 1 :
2022 - Aujourd'hui
Longueur :
5.412 km
Nombre de tours :
57
Meilleur temps en qualifications :
1'26"841 (Perez - 2023)
Meilleur temps en course :
1'29"708 (Verstappen - 2023)