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Circuit de Marina Bay - Singapour

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Une course en ville, de nuit, sous une lumière artificielle ? Singapour dit oui.

L’arrivée du grand-prix de Singapour dans le grand cirque de la F1 en 2008 révolutionna l’organisation des week-ends de course. En effet, ce fut la première fois que les monoplaces se produisaient de nuit, sous les plus de 2500 projecteurs entourant la piste, nous offrant un tracé spectaculaire serpentant les rues de la mégalopole asiatique au milieu des gratte-ciels surplombant la Marina. Disposant des mêmes conditions extrêmes de la Malaisie voisine, cette course est aussi l’une des plus longues du calendrier avec pas loin de deux heures d’épreuve pour les pilotes. Ce n’est donc pas par hasard que ce grand-prix soit annoncé comme le plus physique de l’année. Peu de circuits peuvent se vanter aujourd’hui de pousser les pilotes à bout autant que ce circuit de Singapour. La chaleur combinée à la forte humidité, à la fatigue et à l’éblouissement des lumières artificielles représentent les principaux facteurs faisant de ce rendez-vous un grand-prix tout particulier pour les pilotes et équipes, qui plus est, sur une piste bosselée entre deux murs. L’erreur est donc prohibée mais plus facile à commettre que sur n’importe quel autre tracé. Ceci s’est démontré à de très nombreuses reprises puisque chaque saison, la voiture de sécurité apparaît au moins une fois. Durant toutes ses éditions, l’écurie Force India aura tout de même provoqué l’entrée en piste de la Safety Car lors de 6 grands-prix, signe que les monoplaces indiennes ne sont pas toujours à la fête près de leurs terres. Raikkonen, Fisichella, Webber, Ricciardo, Barichello, Kobayashi ou encore Hulkenberg sont autant de pilotes ayant vu leur course s’arrêter bien avant son terme. Une arrivée que M.Schumacher eu bien du mal à atteindre. En trois participations, il fut victime de deux grosses sorties de piste en 2011 et 2012, alors qu’en 2010, le septuple champion du monde chahuta à plusieurs reprises avec les deux Sauber. Pourtant, c’est lors de la première édition qu’une sortie de piste marqua à tout jamais l’histoire du grand-prix de Singapour, également 800ème manche de l’histoire. Alors que la course était lancée depuis quelques tours, Piquet Jr tapa violemment le mur en béton, explosant littéralement sa Renault. La sortie de la voiture de sécurité provoqua un réel chambardement dans le classement et dans les stands. Les doubles arrêts s’enchainèrent chez quasiment toutes les écuries mais chez Ferrari, ces ravitaillements tournèrent au cauchemar. Massa arrache le tuyau d’essence et traverse la voie des stands avec, l’obligeant à attendre une nouvelle intervention de ses mécaniciens avant de repartir en fond de peloton. C’est sans doute sur cette erreur que le brésilien lâcha de précieux points pour le titre pilote. En contrepartie, c’est l’autre Renault, celle d’Alonso, qui remporta ce grand-prix. Mais un an plus tard, Renault limoge Piquet Jr au détriment de Grosjean. Pour se venger, le brésilien fait une déclaration choc à la presse : il lui avait été demandé de volontairement crasher sa voiture pour permettre à Alonso de passer en tête grâce à la voiture de sécurité. Cette affaire, nommée « Crashgate », vit Briatore et Symonds écoper de lourdes sanctions, tout comme l’écurie française qui perdit la quasi-totalité de ses sponsors. D’autres évènements assez inhabituels eurent lieu lors des dernières éditions avec l’apparition d’un spectateur sur le circuit le long des barrières en 2015 ou encore la traversée de piste d’un « lézard géant » selon Verstappen en pleine séance d’essai en 2016.

Tous ces accidents et incidents eurent pour conséquence de resserrer l’étau à chaque reprise, relançant ainsi les courses à chaque reprise. Pourtant, à la fin, seuls les champions s’imposent. Alonso, Hamilton, Vettel et N.Rosberg ont tous décroché une victoire sous la nuit de Singapour. De plus, tous ces pilotes, excepté N.Rosberg, franchirent la ligne d’arrivée en première place au volant de deux écuries différentes, telles que Renault, McLaren, Ferrari, Red Bull ou encore Mercedes. En 2010, Alonso l’emporta avec panache devant un Vettel qui ne l’aura pas lâché d’une semelle de tout le grand-prix, un panache, de fumée cette fois-ci, que les pilotes traversèrent à l’arrivée après le spectaculaire incendie de la Lotus de Kovalainen. En 2012, Massa nous offrit une manœuvre extrêmement spectaculaire sur son compatriote B.Senna en le dépassant tout en glisse, à la limite de la perte de contrôle et de l’accident. L’année suivante, Alonso prit un superbe départ en gagnant quatre positions par l’extérieur du premier virage. Une course que réussit tout particulièrement Raikkonen après avoir couru très souffrant au dos mais terminant tout de même à une belle troisième place. A l’issue de l’épreuve, Alonso récupéra sur sa monture le malheureux Webber, trahi par sa machine dans le dernier tour. Celle belle image ne sera cependant pas au goût de la FIA, jugeant cette action beaucoup trop dangereuse. En 2015, la domination Mercedes fut mise à mal avec Red Bull et Ferrari qui privèrent l’écurie allemande de la pole et de la victoire le lendemain, repoussant même les gris hors du podium. Le même scénario aurait dû se produire en 2017 tant les flèches d’argent étaient en retrait mais peu avant le départ, la pluie tomba sur le tracé de Marina Bay. Avec le reflet des projecteurs et les projections d’eau soulevées par les monoplaces , la visibilité fut clairement réduite. Mais c’est au départ que l’impensable se produisit : Vettel, Raikkonen et Verstappen s’accrochèrent avant même le premier virage, entraînant avec eux le pauvre Alonso. C’est la première fois de l'histoire qu'aucune machine italienne ne franchit le premier tour, une catastrophe pour les rouges. L’année précédente n’avait pas été plus propre au moment du départ, Hulkenberg frappant durement le mur des stands dès l’extinction des feux. En 2018, les Force India se frictionnent à nouveau après le premier enchaînement, provoquant un nouvel abandon pour Ocon. En 2019, les Ferrari monopolisent les premières places et si Leclerc se montre le plus rapide, c’est bien Vettel qui se montre le plus efficace, reprenant le leadership aux dépens de son équipier, fortement agacé par la situation… Quatre ans plus tard, même sanction. Le monégasque est rapide mais c’est son équipier qui tire son épingle du jeu en détrônant Red Bull, invaincue le reste de la saison. Sur un circuit tronqué de plusieurs virages, l’espagnol profite de la méforme des autrichiennes pour sécuriser son deuxième succès en F1, non sans résister férocement aux assauts incessants de Norris, Russell et Hamilton. Le premier des anglais qui commit d’ailleurs une sacrée erreur en percutant le mur dans le dernier tour, laissant échapper une belle opportunité de podium.

Le grand-prix de Singapour est un moment particulier dans le calendrier. La nuit ajoutée à la durée et aux conditions climatiques mettent en avant les qualités physiques des pilotes. De plus, le nombre important de virages ne permet pas de relâcher son effort durant les deux heures d’épreuve disputée. Alors si la pluie s’invite, les dégâts sont encore plus importants mais la magie, elle, opère toujours.

Le circuit de Marina Bay en chiffres...

Années de présence en Formule 1 :

2008 - 2019 ; 2022 - Aujourd'hui

Longueur :

4.940 km

Nombre de tours :

62

Meilleur temps en qualifications :

1'30"984 (Sainz - 2023)

Meilleur temps en course :

1'35"867 (Hamilton - 2023)

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