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James Hunt

Certains pilotes auront marqué la Formule 1 de par leur coup de volant, d’autres par leur personnalité. L’un d’entre eux concilia étonnement bien les deux : James Hunt.

Et c’est bien le britannique lui-même qui est à l’origine de sa carrière en sport automobile. Pourtant, rien ne prédestinait ce futur médecin à une carrière en Formule 1. Ce n’est qu’à l’âge de la majorité que James s’intéresse de près à la course auto. Débutant dans des courses de Mini après avoir enchaîné les petits boulots, il rejoint la monoplace en 1968 avec la Formule Ford 1600. C’est d’ailleurs là qu’il se fit une belle frayeur lorsque sa voiture quitta la piste et termina sa course dans un étang à Oulton Park. Par souci d’économie, l’anglais n’avait pas de ceintures de sécurité, ce qui l’a sûrement sauvé de la noyade ce jour-là. L’année suivante, c’est la Formule 3 qui l’attend avec à la clé, quelques beaux résultats qui lui vaudront d'être nommé meilleur espoir anglais. Les premiers succès en monoplace seront pour 1970, année où Hunt se fit notamment remarquer lors d’une bagarre avec Dave Morgan à même le bitume de Crystal Palace. Le côté sanguin du blondinet et son style agressif sur la piste font du jeune britannique une terreur en devenir. Beaucoup de tôles pliées mais une combativité sans faille, voilà ce qui le propulse au premier plan en 1971. Après avoir fait triompher à deux reprises sa Lotus 59 en France et au Royaume-Uni, James Hunt concrétise en accrochant plusieurs victoires à son palmarès. C’est d’ailleurs dans ces classes préparatoires qu’il y fit la rencontre d’un homme singulier aux dents longues, loin de l’image du tombeur de filles que représente Hunt, un certain Niki Lauda. Les deux hommes iront souvent à la confrontation mais malgré les quelques tensions notables, une amitié durable et profonde nouera les deux âmes. Mais pour James, tout aurait pu s’arrêter dès 1972. Les résultats ne sont guère probants et March lui retire tout bonnement son volant en cours de saison. Alors que faire ? Tout arrêter où faire confiance à un homme politique excentrique qui n’a jusque-là aucune expérience en sport automobile ? Le choix peut étonner mais Hunt lui fait confiance. Le voici alors embarqué dans une folle aventure aux côtés de Lord Hesketh, passant très vite de la Formule 3 à la Formule 2 tout autour du globe. Une troisième place à Oulton Park sera son seul fait d’arme notable mais son nouveau patron sait tenir entre ses mains une véritable pépite. Ainsi n’hésite-t-il pas à clamer haut et fort que dans quelques semaines, son poulain sera à même de battre les plus grands…

Pour 1973, Hesketh voit grand, c’est-à-dire, la Formule 1. Après avoir fait courir hors-championnat une Surtees TS9 lors de la Course des Champions avec une belle troisième place à la clé, la toute nouvelle écurie débarque à Monaco avec une March 731 vierge de sponsors. Tout de suite, les deux personnages font mouche dans le paddock de la Formule 1 : fêtes en tout genre, tenues très décontractées, abus d’alcool et de drogue et bien d'autres... Pour sa première course, l’anglais réalise une bonne performance mais à quelques tours de l’arrivée, son moteur arrive à bout de souffle. L’équipe anglaise fait sourire et subit les moqueries mais contre toute attente, Hunt performe. En France, il rentre pour la première fois dans les points. Chez les siens, à Silverstone, il tient son rang dans le wagon de tête, échouant à la quatrième place, à seulement trois secondes de la victoire. Après une brève halte aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, Hunt retrouve sa March-Hesketh pour le grand-prix des Pays-Bas. Ce jour-là, la performance est au rendez-vous et après l’abandon de Peterson dans les derniers kilomètres, son premier podium s’offre à lui après seulement quatre courses. Le beau gosse blond étonne de par son coup de volant et ses résultats épatants pour un débutant. Mais il n’y a pas qu’en Formule 1 que le britannique excelle. Aussi à l’aise en voiture de tourisme qu’en sport proto, James Hunt est un touche-à-tout. Renonçant très vite en Autriche et déclarant forfait sur accident en Italie, James conclut une saison rondement menée aux Etats-Unis, sur le tracé de Watkins Glen. Sa machine blanche fait encore des merveilles et durant toute l’épreuve, jamais plus de sept secondes ne le sépareront du leader Peterson. Il reviendra même sur ses talons en fin d’épreuve, ne terminant qu’à six dixièmes d’un premier succès mérité. Dès lors, l’abandon du châssis March est obligatoire pour pouvoir atteindre les sommets. C’est donc l’équipe Hesketh elle-même qui construira ses voitures à partir de 1974. Les premiers tests sont bons mais c’est bien une March qui sera alignée pour les premières de l’année à Buenos Aires et Interlagos, sans grande réussite. C’est à Kyalami que la Hesketh 308 fait ses grands débuts et quelle entame de carrière ! En effet, il se propulse en cinquième position dès le premier tour après s’être élancé quatorzième ! Même si l’arrivée n’est pas franchie, la monoplace blanche semble bien née. La démonstration sera même faite lors de l’International Trophy avec la victoire de Hunt, certes hors-championnat. Bien que la performance soit présente sur un tour, la fiabilité reste hasardeuse et tout au long de l’année, Hunt devra se contenter d’être spectateur. En Suède cependant, c’est la délivrance. Hunt tient bon et c’est la troisième place qui l’attend pour sa modeste Hesketh. Les travers réapparaissent dans la suite de la saison avant le vrai réveil à quatre courses du but. En terminant troisième à deux reprises et quatrième au Canada, la petite équipe fanfaronne commence à effrayer la concurrence, notamment les Lauda, Fittipaldi ou Reutemann. Le style de vie de l’anglais en choque plus d’un mais son coup de volant est indéniable. Reste à concrétiser en 1975.

Rempilant chez Hesketh, Hunt aborde cette nouvelle saison avec la casquette d’outsider. Celui qui dérape aussi bien dedans qu’en dehors de la voiture cherche à tout prix à triompher, même si la concurrence des Ferrari, Brabham et McLaren s’annonce des plus féroce. Pour l’ouverture de la saison en Argentine, l’anglais se bat contre Fittipaldi et mène ses premiers tours en carrière après s’être débarrassé de Reutemann. Si le double champion brésilien reprend le leadership après une petite approximation de Hunt, l’anglais n’aura pas démérité, accrochant une solide deuxième place sous le drapeau à damier, à cinq secondes uniquement du vainqueur du jour. Après avoir obtenu la sixième place au Brésil, les choses se gâtent durant le printemps. Cinq abandons consécutifs, voilà qui ne fait pas bon ménage dans la recherche d’une première victoire. Il y passa proche pourtant en Espagne sur le tracé de Montjuïc. En tête après l’élimination des Ferrari dès le départ, le pilote Hesketh mène la danse mais une glissade incontrôlée sur l’huile vomie par le moteur de Scheckter un tour plus tôt ruine tous ses espoirs de bien figurer. A Monaco, alors qu’il était l’un des premiers à tenter le pari des gommes slicks sur piste séchante, il se fait accrocher par Depailler à Mirabeau. Le grand blond est empli de colère, levant le poing à l’attention du français en bord de piste. Aux Pays-Bas, la pluie brouille les cartes de toutes les écuries. Hunt démontre alors tout son talent, étant l’un des premiers à changer de gommes pour les slicks. Le pari est gagnant et l’anglais pointe en tête après l’arrêt de tous ses concurrents. Mais rapidement, Lauda et sa Ferrari recollent à l’Hesketh. Le combat semble inégal mais pourtant, l’autrichien n’attaquera jamais, se contentant des points de la seconde place. Et voici donc Hunt vainqueur de grand-prix, une consécration pour lui et la drôle d’équipe Hesketh. La manche suivante en France verra les mêmes protagonistes se disputer la victoire mais cette fois, c’est Lauda qui sort victorieux de cette lutte serrée. Alors qu’il ne reste que cinq courses à courir, James pointe en quatrième place du classement des pilotes, une belle réussite pour celui qui ne cesse de faire des étincelles. Malheureusement, ces coups d’éclats répétés ne seront pas réédités. Piégé par l’orage subit à Silverstone, il finira pourtant classé quatrième, de quoi accumuler quelques points supplémentaires dans son escarcelle. Sur le Nürburgring, il se rapproche inlassablement de la tête lorsqu’un goujon de roue scelle son sort à quelques kilomètres du but. Sur l’Österreichring, c’est une nouvelle occasion manquée qui se présente. Très habile sous la pluie torrentielle, il ne peut contenir la March de Brambilla qui s’impose avant l’agitation du drapeau rouge. Cette belle prestation restera sans suite pour Hesketh. Plus jamais une de leur voiture ne figurera sur le podium en Formule 1. Cinquième à Monza puis quatrième à Watkins Glen, voilà qui parachève une saison magistralement menée avec des moyens plus que limités. Avec tous ces bons résultats, Hunt se classe quatrième du championnat, un rang inespéré deux ans plus tôt. Au volant de sa très modeste Hesketh, le britannique aura démontré toute l’étendue de son talent, côtoyant les plus grands, luttant souvent contre eux. Mais alors que tout semblait se dérouler comme sur des roulettes, une terrible nouvelle tombe : Lord Alexander Hesketh n’a plus les moyens financiers pour faire tourner son écurie. Malgré une recherche précipitée de sponsors, l’aventure ne peut connaître de suites. Mais alors que faire ? Toutes les places dans les équipes de pointe sont réservées, aucun bon volant n’est disponible. C’est alors qu’une très étonnante information arriva aux oreilles de l’anglais : Fittipaldi serait sur le point de quitter McLaren pour rejoindre l’écurie familiale Copersucar. Rapidement, les négociations se mettent en place et, avec le soutien de Marlboro, le contrat est vite ratifié. Désormais, l’outsider de 1975 se transforme en prétendant à la couronne en 1976.

L’attitude de l’anglais ne colle pas vraiment avec ce que désire McLaren mais l’envie de retrouver les sommets est plus forte que tout. Celui qui s’affiche avec une combinaison ornée de l’inscription “le sexe est le petit-déjeuner des champions” n’est pas vraiment fervent des costumes et n’a jamais sa langue dans sa poche. La saison débute au Brésil et sans attendre, Hunt signe la pole d’entrée de jeu, devant le champion en titre Lauda. La course s'achèvera par un accident pour l’anglais, son accélérateur s’étant bloqué. L’anglais récidive avec le meilleur temps à Kyalami mais dès le départ, son rival autrichien le double sans jamais être inquiété. À Long Beach, un nouvel accroc avec Depailler l'envoie tout droit dans le décor. Aussi furieux qu'à Monaco un an auparavant, l'anglais abandonne sa monture, bien que ses mécaniciens découvrent que celle-ci soit toujours en état de rouler… Ce n’est qu’au quatrième rendez-vous de la saison, en Espagne, que les choses évoluent. Vainqueur des manches hors-championnat de la “Race of Champion” et de l’International Trophy, Hunt sécurise à nouveau la pole position. Le lendemain, la victoire est enfin accrochée par les anglais, heureux d’avoir battu Ferrari. Mais quelques minutes plus tard, stupéfaction dans le paddock : Hunt est disqualifié car son aileron arrière est trop large de dix-huit millimètres. Lauda récupère la première place et s’envole au championnat. Pour devenir légales, les McLaren sont modifiées mais leur comportement en pâtit. De plus, la fiabilité du bloc Ford-Cosworth ruine quelques belles performances. La mi-saison approche et Hunt n’a que six points au compteur. Il faudra attendre la France pour revoir Hunt en haut du classement, convertissant pour la première fois une pole en succès. Si aucune Ferrari ne termine la manche française, les récentes modifications de la McLaren M23 remontent le moral de l’équipe qui s’en retourne en guerre contre Lauda et sa couronne mondiale. De plus, l’écurie apprend dans la foulée la levée de la disqualification du grand-prix d’Espagne, redonnant à l’anglais sa victoire perdue plus tôt dans la saison. Chez lui, sur le sinueux tracé de Brands Hatch, Hunt est pris dans le carambolage du départ comprenant Regazzoni et Laffite. Les dommages sont peu importants mais selon le règlement, il lui est interdit de prendre part au second départ, ce qui ne ravit pas ses supporters venus en nombre l’acclamer. La tension est palpable à tous les étages, sauf chez Hunt, drôlement détendu avant d’aborder le second envol. Sa McLaren rafistolée est bien présente sur la grille et disputera bel et bien l’épreuve malgré la réticence des autorités compétentes. Une lutte de tous les instants se met en place entre James et Niki. Les deux hommes vont alors se pousser jusque dans leurs retranchements, attaquant sans cesse pour la position de tête tant convoitée, détenue jusqu'ici par l’autrichien. Peu après la mi-course, le pilote McLaren passe à l’offensive et dans le virage de Druids, il opère un dépassement imparable sur son plus grand rival. La victoire devant les siens est éclatante mais rapidement, les esprits s’échauffent car le retour en piste de Hunt n’était vraisemblablement pas toléré. Ferrari sera la première à porter réclamation contre sa rivale anglaise. Le résultat de Brands Hatch reste alors en suspens. Sur le terrifiant Nürburgring, les conditions ne sont pas parfaites. Le départ est reporté en raison du mauvais temps mais la course est tout de même courue. Mais au second tour, c’est le drame. Lauda quitte violemment la piste. Sa 312 T2 s’embrase instantanément, piégeant son malheureux occupant. Le pilote est sévèrement touché, gravement brûlé. L’état de l’autrichien est critique mais quelques concurrents parviennent à l’extraire de son épave crépitante. Si l’épreuve est naturellement neutralisée, elle connaîtra un second départ. Hunt retrouve la pole position et sans rival, remporte ce grand-prix qui changera à jamais l’histoire de la discipline. A ce stade, l’anglais n’a plus que quatorze points de retard sur le champion 1975 et à la vue de son accident, son retour ne devrait pas s’opérer de sitôt. Est-ce la chance de sa vie pour James Hunt ?

En Autriche et sans Ferrari, l’anglais signe sans problème la pole mais le jour de la course, Watson, Laffite et Nilsson lui coupent l’herbe sous le pied, le privant d’un podium normalement dévolu. A Zandvoort, théâtre de son premier succès un an plus tôt, Hunt est plus en forme que jamais. Le jour de ses vingt-neuf ans, il décroche une nouvelle victoire devant les yeux d’un Lauda scotché devant son écran de télévision dans sa chambre d’hôpital. L’écart en tête du championnat se réduit considérablement mais en Italie, coup de théâtre : l’autrichien est déjà de retour ! Si le champion du monde 1975 est au centre de toutes les attentions, une nouvelle polémique éclate en marge des qualifications. Les écuries McLaren et Penske sont disqualifiées en raison d’un indice d’octane trop important dans leur essence. Coup dur pour Hunt. Par chance, quelques places se libèrent au dernier moment sur la grille et l’anglais peut à nouveau se confronter au grand brûlé. Si ce dernier effectue un retour époustouflant avec une quatrième place finale, l’anglais ronge son frein, abandonnant suite à un tête-à-queue. Pire encore, en arrivant au Canada, la fédération a tranché : Hunt est bel et bien disqualifié du grand-prix de Grande-Bretagne après avoir pris part au second départ. Les espoirs de titre semblent alors définitivement perdus. Sur le tracé de Mosport cependant, il délivre une course fantastique ponctuée d’un nouveau succès, le rapprochant à huit points du leader du championnat à deux meetings du terme d’une saison déjà historique. A Watkins Glen, la motivation de ses récentes performances le pousse dans ses retranchements, lui permettant d’arracher son premier hat-trick, pole, victoire, meilleur tour. Avec un Lauda terminant troisième, les espoirs sont encore présents car avec trois points d’écart, la manche de Fuji sera décisive. L’autrichien n’a qu’à terminer devant son rival pour s’adjuger un deuxième titre au contraire de Hunt qui doit impérativement finir, au pire, troisième si l’autrichien ne marque pas de points. Mais alors que tous les pilotes attendent cette grande finale en se préparant physiquement, l’anglais jouit de la vie, de ses plaisirs et de ses vices. Avec Barry Sheene, le champion de moto, Hunt se trouve très souvent sous l’emprise d’alcool et de drogue. Grand séducteur qu’il est, il profite des escales d'hôtesses de l’air pour les inviter dans son lit. Selon la légende, ce ne seraient pas moins de trente-trois femmes qui seraient passées dans sa chambre en l’espace de deux semaines… Puis arriva le jour fatidique de la course. La pluie tombe à torrents mais les caméras du monde entier sont bien présentes, l’épreuve devait avoir lieu, coûte que coûte. Comme avant chaque départ, Hunt vomissait, son corps ne supportant peut-être plus tout ce qu’il lui infligeait. Le drapeau est abaissé, le combat final est lancé. Mais au deuxième tour, c’est la stupéfaction : Lauda rentre aux stands et abandonne, jugeant les conditions beaucoup trop dangereuses pour continuer. L’anglais est désormais maître de son destin. La McLaren est en tête mais dans la dernière partie de course, les pneumatiques s’usent et Depailler, ainsi qu’Andretti, parviennent à le dépasser sans difficultés. Si la Tyrrell du français est victime d’une crevaison, c’est à quatre tours du but que l’impensable se produit : Hunt rentre aux stands avec un pneumatique dégonflé. L’anglais reprend la piste le couteau entre les dents et dans l’avant-dernière boucle, il passe Regazzoni et Jones. Le classement est confus et personne ne connaît le résultat final. La course est terminée et Hunt rejoint son stand, furieux, persuadé d’avoir perdu. Alors que le directeur de l’écurie McLaren, Teddy Mayer, lui annonce sa troisième place, Hunt explose de joie. Il n’était pourtant pas loin de lui coller son poing dans la figure… James Hunt n’en revient pas, il est champion du monde de Formule 1 ! Cigarette à la main sur le podium, les célébrations vont de bon train. La soirée sera des plus arrosées mais est-ce étonnant venant de ce drôle de personnage désormais grimpé sur le toit du monde ?

La folle saison 1976 terminée, voilà l’année 1977. Toujours chez McLaren, Hunt entend bien conserver sa couronne. Avec sa nouvelle monture, la M26, l’anglais espère faire plier une seconde fois son rival mais ami Lauda. Bien que diamétralement opposés, les deux hommes entretiennent une grande amitié, du moins, lorsque la visière n’est pas abaissée. Dès l’entame de saison, avec la bonne vieille M23, Hunt se rappelle aux bons souvenirs de tous, enchaînant trois poles consécutives, sans jamais concrétiser le lendemain. Seul un succès hors-championnat dans la Course des Champions sera ajoutée à son palmarès jusque-là bien maigrichon. La Ferrari 312 T2 semble encore meilleure que l’an passé et l’autrichien plus en forme que jamais et malgré une deuxième place au Brésil et une troisième en France, Hunt ne retrouve pas le chemin de la victoire. La M26 n’est clairement pas au niveau, ce qui énerve au plus haut point le britannique, contraint de laisser sa couronne s’échapper, sans réelles possibilités de la retenir. Cette même année, Hunt pousse McLaren à tester un jeune pilote prometteur : Gilles Villeneuve. Chez les siens, à Silverstone, la machine anglaise fonctionne enfin à merveille. Après avoir réalisé la pole position, il perd quelques places face à Lauda, Scheckter et Watson. Si les deux premiers sont rapidement effacés, le pilote Brabham reste coriace. Ce n’est qu’à une vingtaine de tours du but que l'ouverture est enfin trouvée. Dès lors, James Hunt est irrattrapable. Si la délivrance est enfin là, les caprices de la mécanique ne tarderont pas à refaire leur apparition. Abandons en Allemagne et en Autriche sur problème de fiabilité, accrochage avec Andretti à Zandvoort puis sortie de piste à Monza, les espoirs de décrocher la timbale une seconde fois s’évanouissent définitivement. C’est son ami Lauda qui emporte ce titre suprême une seconde fois à Watkins Glen, là où la M26 se montre enfin sous son meilleur jour. Vainqueur dans l’Etat de New-York, il semblait parti pour doubler la mise à Mosport Park lorsqu’une incompréhension avec son équipier Mass provoqua l’accrochage des deux machines. La colère de l’anglais est telle que, devant les caméras du monde entier, il frappe un malheureux commissaire, au mauvais endroit, au mauvais moment. Cette douloureuse étape est vite oubliée car à Fuji, c’est lui le roi. Il se fera surtout remarquer en n’assistant pas au podium pour ne pas louper son avion, laissant Depailler seul pour recevoir son trophée. Difficile de croire que cette victoire serait sa dernière en carrière. Le rebond est attendu en 1978 mais la saison sera plus que catastrophique. La M26 n’est pas fiable et peu performante, dépassée par les premières voitures à effet de sol. L’unique podium est décroché en France avec une troisième place finale, le dernier de sa carrière. En Allemagne, il est disqualifié pour avoir roulé en sens inverse à la suite d’une crevaison, l’envoyant en tête-à-queue dans les stands. Les accidents et abandons se succèdent, la motivation difficile à trouver. Sur le très rapide tracé de Monza, l’anglais se retrouve impliqué dans le carambolage du départ. Sa McLaren esquisse une embardée pour éviter Patrese, causant l’accrochage avec Peterson. Le malheureux suédois, proche du champion 1976, décèdera la nuit suivante des suites d’une embolie. L’anglais est terriblement affecté mais surtout, il dévouera une haine féroce à Patrese tout au long de sa carrière, le jugeant responsable de cet incident dramatique. L’avenir de James Hunt s’assombrit si bien que fin 1978, l’aventure McLaren se termine. Que faire ? Alors que beaucoup le pensaient sur le banc de touche, le grand blond récupère la place de Scheckter chez Wolf, laissée vacante après le départ du sud-africain chez Ferrari. Les étonnantes machines noire et or, si véloces pour leurs débuts en 1977, ne font pas le poids face aux gros bras que sont Ferrari, Renault, Lotus et Williams. Hélas, la voiture est lente et la fiabilité absente. Les abandons s'enchaînent et l’envie n’est plus là. A Monaco, s’en est trop. Hunt se retire définitivement, sa carrière est terminée.

Quelques mois plus tard, Hunt est embauché par la BBC pour commenter les courses de Formule 1 aux côtés de Murray Walker. L’improbable duo partagera chaque grand-prix des années 80, non sans un humour très “british” et de très nombreuses critiques et phrases devenues mythiques aujourd’hui. En 1990, un dernier test sur une Williams moderne acheva une carrière bien remplie. Trois ans plus tard, Hunt meurt d’une crise cardiaque dans son sommeil. Il avait quarante-cinq ans. En 2013, il est l’un des héros du film Rush de Ron Howard où est retracée sa rivalité avec Lauda en cette folle saison 1976. Ce pilote unique, passionné par l’ivresse de la vitesse et de la vie, animé par le politiquement incorrect, reste un personnage à part dans une discipline si lissée où le moindre faux-pas se paye cash. James Hunt avait cette hargne de combattre sur la piste mais aussi une insatiable envie de vivre à cent à l’heure, quelle que soit la situation. L’homme n’était pas qu’un grand pilote, c’était le parfait opposé de ce qu’est un pilote de Formule 1 et pourtant, c’est bien lui le champion de la plus iconique saison de l’histoire…

James Hunt en chiffres...

Meilleur classement en championnat du monde F1 :

Champion du monde (1976)

Grands-prix :

92 (94 engagements)

Victoires :

10

Podiums :

23

Poles Position :

14

Meilleurs Tours :

8

Mis à jour le 

27/03/2026

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