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Mercedes W10

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Et si Mercedes faisait la passe de 6 ? La W10 sera la clé du mystère…

Depuis l’avènement des V6 turbocompressés hybrides, une écurie à quasiment tout monopolisé : Mercedes. Avec 74 succès sur les 100 épreuves disputées, la firme à l’étoile se sait en position de force mais avec le retour en avant des rouges de la Scuderia et la nouvelle association Red Bull - Honda, les allemands n’ont qu’à bien se tenir. L’écurie de Brackley se lance donc dans cette campagne 2019 en dévoilant sa nouvelle arme : la F1 W10. La nouvelle flèche d’argent découle directement de ses devancières avec ses pontons bas, étroits et effilés, et son nez plongeant. Sous sa robe gris clair parsemée de noir et d’un vert fluorescent, la monoplace cache son cœur mécanique évolué, c’est-à-dire le 1,6L poussé à plus de 1000cv en mode “fête” en qualifications. Quelques évolutions importantes sont tout de même à signaler, notamment au niveau des ailerons. Pour éviter le phénomène d’air sale pour la voiture suiveuse, la FIA réagit en modifiant sa réglementation. Finis les multiples ailettes poussant comme des champignons, les ailes avant sont désormais pourvues de cinq plans maximums. A l’arrière, la hauteur est augmentée, tout comme la largeur. Si l’appui s’en retrouve réduit, les chronos devraient pourtant s’affoler. Les pneumatiques seront à nouveau la clé de la réussite avec une gamme simplifiée et des gommes, sur le papier, plus résistantes. Des gommes qui n’avaient pas été sans causer de problèmes aux gris l’année précédente avec d’importantes surchauffes sur le train arrière. Avec tous ces ingrédients réunis, un Toto Wolff en tête de gondole, un James Allison plus affuté que jamais et un Lewis Hamilton en quête d’une étoile supplémentaire, le destin semble déjà tout tracé. Ne reste que l’inconnue Bottas. Le finlandais fait pâle figure depuis son arrivée précipitée chez les allemands, surtout après une année blanche de succès en 2018. Le blondinet n’aura pas le droit à l’erreur car derrière, les petits jeunots tapent déjà à la porte, à commencer par Ocon, Norris et Russell…

Melbourne. Comme souvent, c’est l’Australie qui attend les pilotes pour le premier grand-prix de l’année. Pourtant, le théâtre de cette première confrontation est entaché par une terrible nouvelle à l’aube des premiers tours de roues. Charlie Whiting, directeur de course historique de la Formule 1, décède d’une embolie pulmonaire subite. Après des essais hivernaux rondement menés, une première hiérarchie s’est dégagée. Le duel Mercedes-Ferrari devrait reprendre de plus belle, même si Red Bull, du moins, Verstappen, semble se porter en arbitre de luxe. Mais sur le sol australien, la déconvenue est grande, du moins, pas pour tous. Que ce soit en essais libres ou en qualifications, les W10 sont imbattables et renvoient immédiatement à l’ère 2014/2016. Un dixième d’avance pour le quintuple champion sur son équipier, sept sur le reste de la concurrence, voilà un premier écart douloureux à accepter. Le jour de la course, la sanction est la même, à cela près que l’ordre étonne. Auteur d’un envol sensationnel, Bottas franchit le premier virage en tête, suivi de près par le britannique. Pourtant, peu à peu, le finlandais agrandit le gap pour le porter à plus de vingt secondes, un gouffre. Jamais inquiété, le discret pilote réagit immédiatement à la radio une fois la ligne passée, envoyant valser les critiques faites à son encontre depuis quelques mois. Du côté de Hamilton, la réjouissance est de mise mais la perte d’une petite pièce sur son plancher l’a considérablement ralenti au point d’être mis sous pression par Verstappen et sa Red Bull Honda. C’est le premier podium pour le motoriste nippon depuis 2008, mais surtout, le premier dans l’ère hybride. A noter l’attribution d’un point pour le meilleur tour en course à Bottas, une mode des années 50 remise au goût du jour pour entretenir le suspense jusqu’au bout. Avec une telle aisance sur un tour et dans les longs relais, les Mercedes font déjà terriblement mal mais l’Albert Park reste une piste atypique. Qu’en sera-t-il sous la chaleur de Bahreïn ? Les hautes températures font frémir les Mercedes, largement dominées par des Ferrari SF-90 revigorées. Leclerc se montre très à son aise en décrochant sa première pole position en carrière, suivi de son équipier Vettel, lui-même devançant les flèches d’argent. Si Bottas parvient à chiper une place au monégasque, il ne faut que peu de temps au nouvel arrivant chez les rouges pour effacer et le finlandais, et l’allemand. Les italiennes semblent bien parties pour signer le doublé lorsque peu après la mi-course, alors que Leclerc caracole en tête, Hamilton attaque le quadruple champion du monde. La manœuvre est imparable mais pour l’allemand, elle est fatale. En voulant se replacer dans le sillage de son adversaire, Vettel perd le contrôle de sa monture et part en tête-à-queue. Quelques secondes plus tard, les fortes vibrations arrachent son aileron avant dans une gerbe d’étincelles. Première Ferrari : KO. Puis, quelques instants après ce premier incident, c’est le moteur de Charles Leclerc qui fait défaut. Avec un cylindre manquant, le monégasque ne peut contenir Hamilton, puis Bottas quelques boucles plus tard. Sa descente aux enfers aurait pu se poursuivre si la voiture de sécurité n’était pas intervenue dans les dernières minutes, la faute à une panne simultanée touchant les deux Renault au même endroit sur le circuit. Pour la deuxième fois déjà, les W10 scellent le doublé dans l’ordre inverse à l’Australie devant un Leclerc évidemment déçu de passer si proche de son premier triomphe en Formule 1. Bottas dispose toujours d’un avantage d’un point avant d’attaquer la manche chinoise, la millième de l’histoire de la catégorie reine. Si de grandes festivités sont attendues, il n’en sera rien. L'événement ne sera pas non plus inoubliable sur la piste. Bien que les plans de Mercedes soient perturbés à cause d’un aileron avant illégal, rien n’entrave la marche en avant des flèches d’argent, pas même le spectaculaire accrochage touchant les McLaren et Kvyat au premier tour. Hamilton et Bottas comme à la parade au terme d’une course soporifique, voilà de quoi ne se réjouit pas le reste du paddock et à vrai dire, rien ne semble évoluer différemment. A Bakou, on prend les mêmes et on recommence. Alors que Leclerc se montre comme le plus véloce, il commet la bourde de sa saison en percutant le mur de l’entrée de la vieille ville en qualifications, lâchant son devenu célèbre “I am stupid !”. Sans adversaires à leur portée, les W10 retrouvent la première ligne, Bottas en pole, Hamilton second. Les places n’évolueront pas après le premier virage, ni du reste de la course, si l’on excepte les périodes de pit stop. Avec deux succès partout mais un point supplémentaire pour le Scandinave, le championnat est on-ne-peut plus ouvert. La firme à l’étoile, auréolée de quatre doublés consécutifs, ne prétend pourtant pas disposer de la meilleure machine. Bluff total ou excès de chance ?

L’arrivée en Europe voit les équipes pondre les premières évolutions et Mercedes ne déroge pas à la règle. Modification des rétroviseurs et des déflecteurs, l’arme absolue n’en finit pas de se développer. Cela se confirme d’emblée avec la première ligne à nouveau sécurisée par les gris, Bottas dominant outrageusement Hamilton et le reste de la concurrence. Mais si le finlandais semble le mieux armé pour viser la victoire, un embrayage capricieux au départ lui coûtera une position. L’arrivée tardive de la voiture de sécurité en piste pour évacuer les monoplaces de Stroll et de Norris n’y changera rien, l’ordre initial est bien inversé. Sous le drapeau à damier, le quintuple champion et son équipier savourent ce cinquième doublé consécutif, un record égalé avec Ferrari mais surtout, un fait unique dans l’histoire de la Formule 1 pour ce qui est d’un début de saison. Sur le podium, alors que le britannique reprend le leadership du championnat, le grand patron de Mercedes-Benz profite de ce dernier podium à la tête de son empire. Si ce départ ne provoque pas une onde de choc dans le paddock de la Formule 1, un autre événement, bien plus tragique, viendra secouer ce petit monde. Le 20 Mai 2019, Niki Lauda s’en est allé. La disparition de l’autrichien est un choc et même si les dernières nouvelles concernant son état de santé n’étaient pas des plus réjouissantes, le vide laissé derrière lui sera irremplaçable. L’écurie à l’étoile est d’ailleurs l’une des plus touchée car le triple champion n’était autre que le bras droit de Toto Wolff, le grand patron du team Formule 1. En signe d’hommage à “L’Ordinateur”, les W10 se parent d’un halo rouge et d’une petite étoile rouge perdue sur le capot moteur pour le grand-prix de Monaco. Facile dans les enchaînements lents, la flèche d’argent est évidemment à son aise entre les rails de la principauté, d’où une présence inévitable sur le devant de la grille, Hamilton devant Bottas. Les positions restent figées mais après l’intervention de la voiture de sécurité virtuelle pour évacuer les débris de la Ferrari de Leclerc, le classement évolue quelque peu. Verstappen, qui est allé au contact avec Bottas dans les stands, passe en deuxième place, suivi de Vettel un tour plus tard, la faute à une crevaison détectée sur la machine du Scandinave. Si le néerlandais est pénalisé pour cette sortie des stands imprudente, le pilote Mercedes ne peut contester la seconde position à l’allemand, privant Mercedes d’un sixième doublé en autant de meetings. Ce second succès de rang pour Hamilton, pourtant peu aidé par ses gommes très usées, le propulse désormais largement en tête du championnat mais est-il encore possible pour Bottas de réagir ? Réponse au Canada. Mais sur le circuit Gilles Villeneuve, la firme à l’étoile à une épine dans le pied : Ferrari. Les SF-90 sont revigorées grâce à leur vitesse de pointe. C’est d’ailleurs Vettel qui accroche la pole position devant le britannique et Leclerc. Pour Bottas en revanche, l’histoire est toute autre. Pénalisé par des ennuis techniques et un tête-à-queue, il ne s’élance que sixième. S’il remonte de deux places grâce à la bonne stratégie de son équipe, c’est bien devant que le spectacle est garanti. Les deux champions du monde ne se quittent pas d’une semelle mais au quarante-huitième tour, tout bascule. Le pilote Ferrari perd le contrôle de sa monture et court-circuite la première chicane avant de revenir sur la piste sous le museau de la W10. Rapidement, les commissaires enquêtent sur ce retour en piste jugé dangereux et quelques minutes plus tard, la sanction tombe : Vettel est pénalisé de cinq secondes pour comportement dangereux. Dès lors, la messe est dite. Deuxième sous le drapeau à damier mais premier au classement officiel, Hamilton exulte de ce nouveau gros résultat, bien que le staff de la Scuderia, et beaucoup d’autres personnalités, jugent cette sanction démesurée. Certes, l’anglais a freiné pour éviter la collision mais était-ce si dangereux que ça ? La manœuvre n’était en rien volontaire, de quoi piquer au vif un Seb remonté comme un coucou. L’allemand, qui mettra un bon bout de temps avant de rejoindre la zone du podium, ira même jusqu’à inverser les panneaux indiquant l’ordre d’arrivée devant le trio de monoplaces. Cette sentence est évidemment discutable et malgré la demande de Ferrari de réétudier le dossier, le classement restera inchangé. Sur les bords de la Côte d’Azur, au Castellet, les Mercedes sont encore imbattables. Rien ne déroge à leur marche en avant. Première et deuxième au départ, première et deuxième presque tous les tours, première et deuxième sous le drapeau à damier, voilà qui commence à sérieusement irriter la concurrence. En remportant sa sixième victoire en huit épreuves, Lewis Hamilton fait un pas important vers sa sixième couronne mondiale, réduisant Bottas au rang de second couteau. La W10 est tout simplement trop rapide et semble bien partie pour tout rafler, enfin, est-ce possible ?

Dans les montagnes autrichiennes où trône le Red Bull Ring, la chaleur est intense, ce qui n’est pas sans inquiéter Mercedes. En effet, le puissant V6 souffre de ces conditions, d'où une demande de refroidissement accrue. Pour ne rien arranger, Bottas pulvérise sa monture en essais libres alors que Hamilton se voit infliger une pénalité pour avoir gêné Raikkonen sur un tour lancé. Sur ce circuit de vitesse, la Ferrari de Leclerc est incroyablement rapide, tout comme la Red Bull de Verstappen. Si le quintuple champion réalise le deuxième temps, il rétrograde à la quatrième place, malgré une sanction de trois positions, pour s’aligner derrière son équipier. A l’extinction des feux, le monégasque s’envole alors que le pilote Red Bull rate son départ et plonge dans le classement. Rapidement, les écarts se créent et les W10 se retrouvent distancées. Les moteurs allemands peinent à suivre la cadence et à bien fonctionner, de quoi compromettre leurs chances de bons résultats. Hamilton sera même contraint de changer d’aile avant, la faute à des passages répétés sur les hauts vibreurs autrichiens. Cette chute de performance permet à Vettel de le dépasser mais surtout à Verstappen, remonté comme une balle aux avant-postes. Dans les derniers kilomètres, le néerlandais efface Vettel, Hamilton puis Bottas avant de revenir inlassablement sur le leader Leclerc. La bataille pour la gagne fait alors rage à deux tours du but et dans une attaque imparable et musclée, Verstappen chipe le commandement pour ne plus le quitter. Sous le drapeau à damier, c’est un moteur Honda qui s’impose, une première dans l’ère hybride mais aussi une première depuis la Hongrie en 2006. Les flèches d’argent ne réussiront pas à tout glaner, ni même à égaler le record de succès consécutifs des McLaren-Honda en 1988. Pour la troisième fois, le compteur allemand se bloque à dix. Est-ce la fin de la belle épopée ? Nulle raison d’y croire. A Silverstone, l’air frais anglais réussit mieux aux Mercedes. Sur un tracé délicat avec les gommes Pirelli, les flèches d’argent retrouvent leur vitesse de pointe habituelle. Bottas s'immisce à nouveau en pole position, six millièmes devant son équipier qui joue à domicile. Les deux machines grises feront le spectacle l’espace de quelques tours mais très vite, le finlandais reprend son dû pour ne plus le quitter jusqu’à son pit stop. Les difficultés pour se suivre ne touchent pas seulement les autres monoplaces. La W10, aussi performante soit-elle, ne peut rester dans le sillage d’une autre voiture, d’où un spectacle qui en pâtit grandement. Mais alors que l’ordre initial semblait figé, la sortie impromptue de la voiture de sécurité rebat les cartes. En profitant d’un arrêt gratuit, Lewis retrouve la première place, au grand désarroi de Bottas. Alors que les esprits s’échauffent derrière avec une splendide bataille opposant Leclerc à Verstappen, puis la grossière erreur de Vettel, empoignant le néerlandais, les Mercedes déroulent. Le doublé facile est acquis sans frémir mais surtout, Hamilton entre un peu plus dans la légende en remportant par six fois son grand-prix à domicile, égalant alors la performance de Prost en France. La Formule 1 se rend ensuite en Allemagne, sur le Hockenheimring. Cette course à domicile pour Mercedes est l’occasion de fêter deux anniversaires : leur 200e grand-prix et les 125 ans de la marque à l’étoile. De ce fait, les machines de Brackley disposent d’une livrée spéciale blanche sur tout l’avant de la monoplace. Malgré un virus contracté, Hamilton s’élance de la pole position, deux places devant Bottas. Mais au moment de s’élancer, la chaleur caniculaire laisse place à l’orage. La pluie est omniprésente et augure déjà d’une course mémorable. Dès le premier tour, Perez sort de la piste. L’épreuve est neutralisée mais très vite, les conditions évoluent. Les ruées dans les stands se multiplieront tout au long de ce dimanche après-midi arrosé. Après un bref relais en slicks, la pluie s’abat à nouveau. Leclerc, alors leader, frappe le mur dans l’avant-dernier virage en glissant sur la piste de dragster. Quelques secondes plus tard, Hamilton réalise la même glissade, arrachant son aileron contre un panneau publicitaire. Fort heureusement, sa W10 peut reprendre la piste mais après cinquante secondes d’arrêt, le voilà bon dernier. Un peu plus tard, c’est Hulkenberg qui se sort dans le dernier virage. Le classement est chamboulé et après l’étonnant Stroll, c’est Verstappen qui récupère le commandement. Derrière lui, le classement est encore plus improbable : les Toro Rosso sont à la fête, de même que les Alfa Romeo et la Ferrari de Vettel, pourtant partie depuis la dernière place de la grille. Les affaires se corsent chez Mercedes après un tête-à-queue du leader du championnat puis une pénalité. Pour ne rien arranger, Bottas explosera sa monture dans le premier tournant, faisant ressortir la voiture de sécurité pour la quatrième fois de la journée. Après six arrêts aux stands et après avoir récupéré une place gratuitement après l’accident de Gasly, le britannique rescapé n’est que onzième sous le drapeau à damier, loin des Verstappen, Vettel et Kvyat évoluant sur le podium final. Par chance, une double pénalité touchant les monoplaces au trèfle le feront remonter de deux rangs dans le classement, de quoi le replacer dans la zone des points, juste devant un Kubica sauvé des eaux, récoltant sa première unité depuis 2010, la seule de son équipe Williams cette année-là. Ce douloureux anniversaire se doit d’être effacé au plus vite des mémoires en Hongrie. Etonnement, c’est Verstappen qui s’affiche en pole position, sa première en carrière, devant Bottas puis Hamilton. Dans le premier tour, le Scandinave est successivement touché par son équipier puis par Leclerc, occasionnant de sérieux dégâts sur son aileron, le contraignant à un changement rapide. Malgré la meilleure voiture qui soit, il ne pourra faire mieux que huitième. De son côté, le britannique tente le tout pour le tout sur le néerlandais mais ce n’est qu’au prix d’une stratégie alternative à deux arrêts que la victoire sera trouvée avec un dépassement dans les derniers instants de course. Déjà huit succès pour l’anglais qui caracole largement en tête du championnat, tout comme son écurie. La W10 est de loin la meilleure machine du plateau mais avec une telle malchance, Bottas, pourtant plus près que jamais de son équipier, ne peut lutter. La question n’est plus de savoir si Lewis sera champion mais quand. Les neufs derniers meetings nous le diront…

Après près d’un mois de vacances, la F1 reprend ses droits à Spa-Francorchamps. Alors que Gasly et Albon échangent leurs places chez Red Bull et Toro Rosso, de grosses évolutions sont apportées sur toutes les voitures, dont un nouveau bloc Ferrari dramatiquement puissant. Cela se confirme avec la première ligne 100% rouge, loin devant les deux Mercedes, repoussées en troisième et quatrième places. Mais quelques minutes après les qualifications, un drame secoue le paddock. Durant la course de F2, un sérieux accident comprenant Anthoine Hubert et Juan Manuel Correa coûte la vie au français tout en blessant sérieusement l’américain. Un nouvel espoir français s’est éteint, à peine quatre ans après la disparition de Jules Bianchi. Cette tragédie plonge la discipline dans une émotion difficile à contenir. Malgré tout, le départ est donné le dimanche. D’emblée, les Ferrari s'envolent alors que derrière, Verstappen se sort dans le Raidillon après avoir harponné Raikkonen. Rapidement, les pneus des machines italiennes se désagrègent et les flèches d’argent remontent. Vettel ne pourra résister au retour fracassant des W10, moins puissantes mais plus protectrices avec leurs gommes. Mais ce jour-là, les allemands tombent sur un os : Charles Leclerc. Après avoir brillamment résisté au retour de Hamilton, le monégasque fait, pour la première fois, retentir son hymne national sur le podium. C’est le plus jeune pilote à s’imposer pour Ferrari mais surtout, le premier succès pour le Cheval Cabré en 2019. Derrière, les gris récoltent de gros points mais ce retour en force pourrait bien changer une hiérarchie bien définie depuis plusieurs meetings. Cela se confirme à Monza, antre des tifosi. Ce grand-prix est un bis repetita de la manche belge : Leclerc en pole, Leclerc en tête, Leclerc vainqueur. Ce magnifique succès sur les terres de son équipe émerveille les milliers d’italiens venus en masse soutenir “il cavallino rampante” mais cette victoire n’aura pas été sans difficultés. Les flèches d’argent n’ont jamais décroché l’italienne mais face à la puissance du V6 de Maranello, rien ne pouvait être tenté. Une attaque à pourtant été porté par Hamilton à mi-course mais la défense rugueuse de Leclerc l’a dissuadé d’y laisser sa moustache. Malgré une tentative de stratégie différente pour Bottas, les deux autres marches du podium sont acquises pour les gris, à l’inverse de l’autre pilote Ferrari, Sebastian Vettel, quitte pour une nouvelle grossière erreur en se sortant seul dans la Variante Ascari avant de percuter Stroll en repartant. A Singapour, toujours la même histoire. Les Ferrari sont incroyablement véloces, surtout à l’accélération, et malgré les nombreux virages lents, les SF-90 sont encore devant. Hamilton ne démérite pas et accroche la deuxième place sur la grille, trois rangs devant Bottas, largué par Vettel et Verstappen. En course, le rythme est incroyablement lent car les gommes s’usent à vitesse grand V. Bien qu’il soit dans la zone DRS du monégasque, le quintuple champion ne peut attaquer l’italienne. Il faudra attendre les arrêts aux stands pour enfin voir du changement dans le classement. Profitant d’un arrêt anticipé et de gommes fraîches, Vettel fait le coup du siècle en prenant la tête devant son équipier et Verstappen, là où les W10 optent pour la plus mauvaise des stratégies en restant en piste. Trois voitures de sécurité successives n’y changeront rien, les grises ne seront pas sur le podium. La concurrence serait-elle devenue trop forte ? C’est en tout cas la question qui taraude la hiérarchie de Mercedes. A Sotchi, c’est un nouveau remake qui se prépare. Leclerc prend la pole et dès le départ, Vettel s’invite devant. Les machines allemandes ne peuvent que constater la supériorité des rouges qui dégradent pourtant plus leurs pneus. Pourtant, cette facilité apparente pour les hommes de Maranello nourrit de graves tensions dans l’équipe. Estimant s’être fait voler la victoire à Singapour, Leclerc ne digère pas la façon dont son équipier s’est accaparé le leadership en Russie. Un arrêt plus tôt que prévu renversera la situation mais il est trop tard, Ferrari s’est pris les pieds dans le tapis. Quelques minutes plus tard, la monoplace de Vettel stoppe, problème mécanique. Chez Mercedes, c’est une occasion en or de s’arrêter et de repartir en tête. Même s’il est plus rapide, Leclerc ne retrouvera jamais le rythme précédent, ne pouvant dépasser un Bottas réduit au rang de porteur d’eau après quelques messages interposés avec son équipe. Il n’y avait pas vraiment de doutes sur sa place de numéro 2 mais la firme à l’étoile venait alors de publiquement l’annoncer. C’est donc sur un doublé inattendu que s’achève cette manche russe. À Suzuka, la première balle de match au tableau des constructeurs est entre les mains de Mercedes. Comme depuis quelques meetings, ce sont encore les italiens qui ramassent la pole position avec un Vettel émergeant pour la dernière fois de sa carrière sur la plus haute place sur la grille lors de qualifications repoussées au dimanche en raison d’un violent typhon. Mais si les SF-90 se portent en première ligne, leur avantage certain s’efface après quelques mètres avec un Bottas explosif, effaçant d’un coup les deux machines de tête. Alors que Leclerc percute Verstappen et que Hamilton reçoit mainte débris provenant de la Ferrari, le finlandais s’envole. Sans jamais être inquiété, il retrouve le chemin du succès pour la première fois depuis l'Azerbaïdjan, deux rangs devant son chef de file. Avec un tel résultat, l’écurie de Brackley fait la passe de six pour ce qui est des couronnes d’équipe, égalant alors la grande rivale Ferrari, reine entre 1999 et 2004. Ne reste plus qu’à signer le doublé au classement des pilotes…

La saison 2019 touche à sa fin et son épilogue, même s’il n’est pas encore connu, ne devrait pas connaître de surprise. Lewis Hamilton sera, tôt ou tard, champion pour la sixième fois de sa carrière, peut-être ici, au Mexique, ou plus tard, aux Etats-Unis. Sur la piste haut perchée des frères Rodriguez, les moteurs sont bridés par le manque d’oxygène. Serait-ce une trêve pour concurrencer les rouges sur un tour ? Pas vraiment. A la surprise générale, c’est Verstappen qui s’octroie la pole, là où Hamilton n’est que quatrième et Bottas sixième. Le finlandais est pourtant victime d’un effroyable accident en qualifications, pulvérisant sa W10 en entrée de dernier virage, au moment même où Verstappen déboulait sans pour autant ralentir. Le néerlandais se vantera de cet acte inutile, menant à sa bête pénalisation quelques minutes plus tard. Ce sont donc les deux Ferrari qui héritent des premières places, ce qui n’est pas gage de réussite avec une si longue ligne droite avant le premier virage. Pour autant, les SF-90 tiennent leur rang alors que derrière, Hamilton et Verstappen se frottent d’un peu trop près dans le premier virage. La stratégie sera la clé ici et une fois n’est pas coutume, les stratèges de la Scuderia ne feront pas de miracles. C’est tout d’abord Leclerc qui est lésé malgré sa place de leader en optant pour deux arrêts. Quant à Vettel, c’est une trop longue attente en piste qui le contraindra à voir l’anglais lui passer devant. Reste que les écarts sont drôlement réduits entre ces machines puisque sous le drapeau à damier, six secondes séparent les quatre premiers arrivants, à savoir Hamilton, Vettel, Bottas et Leclerc. Mercedes remporte ici son centième succès en catégorie reine mais combien d’autres seront encore ajoutés ? Nul ne le sait mais la série n’est probablement pas prête de s’achever… Alors que la Formule 1 valide son règlement de 2021, finalement reporté à 2022, et que l’effet de sol, les budgets plafonnés ou encore les courses sprint font débat, le circuit d’Austin est le théâtre du probable clap de fin de ce championnat pas si palpitant. Alors que de nombreux soupçons de tricherie touche Ferrari et son moteur prodigieusement puissant, c’est Bottas qui retient la place de choix sur la grille, repoussant son équipier, cinquième, à presque trois dixièmes de seconde. Les cinq hommes forts du championnat sont encore devant mais très vite, le peloton s’éclaircit. Vettel met rapidement pied à terre après un bris de suspension alors que Leclerc doit composer avec des gommes détruites. Chez Mercedes en revanche, tout est sous contrôle et même si les stratégies divergent, les deux W10 sont à la fête. Finalement, Hamilton s’incline dans les derniers kilomètres de course face à son équipier mais peu importe, ce résultat est suffisant pour le faire dépasser Fangio au palmarès des champions du monde de Formule 1. Certes, la machine est dominante mais la chance à souvent été de son côté, bien que son intelligence de course ne soit pas à lui retirer. A São Paulo, Verstappen se montre le plus rapide devant Vettel, repoussant les W10 en deuxième ligne mais qu'importe il n’y a plus rien à jouer désormais. Le néerlandais réalise la course parfaite mais derrière, l’agitation est de mise. Bottas connaît le seul abandon sur problème de fiabilité de la saison pour les gris, ce qui laisse Leclerc talonner son équipier au moment où sort la voiture de sécurité. A peine la course repartie que l’impensable se produit chez Ferrari : les deux SF-90 se touchent en bout de ligne droite, conduisant à leurs abandons. Ce désastre transalpin renvoie la Safety Car en piste pour les dernières boucles. La course reprend ses droits pour deux petits tours soit suffisamment de temps pour créer un chaos général. Alors qu’il visait son premier podium, Albon se fait percuter par Hamilton. Quelques secondes plus tard, Gasly dépasse la Mercedes amochée mais dans la dernière accélération menant à la ligne d’arrivée, la W10 se porte à la hauteur de la Toro Rosso. S'ensuit une impensable course de dragster jusqu’au drapeau à damier, finalement remportée par le français pour soixante millièmes. Si le normand grimpe pour la première fois sur le podium, le récent champion sait que son résultat est en suspens. Quelques minutes après l’arrivée, la sanction tombe. Lewis retombe en septième place, laissant Sainz profiter de son premier top 3 en carrière, sans pour autant pouvoir monter sur l’estrade. Ce grand-prix totalement fou ne sera pas répété à Abu Dhabi, théâtre de la dernière de la décennie. Sur ce tracé rapide et tortueux, les Mercedes sont incroyablement rapides. La pole est aisément décrochée par Hamilton devant Bottas mais compte-tenu du remplacement de tous les éléments de son moteur, le finlandais est contraint de s’élancer du fond de grille. En retirant le seul caillou de sa chaussure, l’anglais a course gagnée. Il décrochera sa onzième victoire de l’année, ponctuée de son sixième grand chelem en carrière. Son équipier scandinave aura réussi à remonter parmi le top 4 sans pour autant défaire Verstappen et Leclerc du podium. La saison 2019 s’achève ainsi sans savoir que cette pause hivernale deviendrait la plus longue jamais connue en Formule 1…

La Mercedes W10 était sans conteste la meilleure voiture en course cette année-là. Si la surpuissance des Ferrari et la hargne de Max Verstappen ont volé beaucoup de poles et quelques victoires, les flèches d’argent se sont très souvent montrées intraitables en rythme de course. La tenue de gommes arrière, principal problème de la W09, a été si bien gommée qu’il semblait si facile de gagner avec cette monture argentée. Si le nombre de victoires entre Hamilton et Bottas est impressionnant, la lutte a été bien plus serrée qu’escomptée. Longtemps dans le match, le finlandais a fini par perdre pied durant l’été. Souvent malchanceux, il a rapidement été bridé par Mercedes pour laisser triompher son équipier anglais. Reste que le talent de Lewis est intact et que le titre revient au meilleur pilote de l’année. Pourtant, ce succès ne plaît pas au plus grand nombre. Les fans de la première heure regrettent ces batailles devenues impossibles, ces querelles politiques pourrissant le sport et ces pneumatiques dictant l’histoire d’un grand-prix. Pour autant, difficile de ne pas saluer le travail des ingénieurs de la firme allemande, fièrement menée par un Toto Wolff aussi affamé de victoire. Avec quinze trophées de vainqueur, la W10 était une machine de guerre. Difficile de croire que la W11 fut encore plus véloce…

La Mercedes W10 en chiffres...

Grands-prix :

21

Victoires :

15

Podiums :

32

Poles Position :

10

Meilleurs Tours :

9

Mis à jour le 

05/01/2026

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