top of page

Circuit de Sepang - Malaisie

Alboreto.jpg

Avant le changement de millénaire, la Formule 1 découvre une nouvelle destination exotique : la Malaisie. C’est sur le tout nouveau circuit de Sepang, à quelques kilomètres de la capitale Kuala Lumpur que se dispute depuis 1999 ce grand-prix pour le moins tropical. Ce circuit est désormais connu et reconnu comme étant le plus orageux de tous avec des tempêtes tropicales quotidiennes sous une température digne d’une fournaise. En 18 éditions, pas moins de onze pilotes différents y ont décroché la victoire sur ce superbe tracé mélangeant courbes rapides, lignes droites et virages serrés. Placé en fin de calendrier lors des premières présences, l’épreuve malaisienne remonta en début de saison durant plusieurs saisons avant de finalement revenir en dernière partie de saison à partir de 2016. Ne renouvelant pas son contrat, l’édition 2017 fut la dernière apparition de la Malaisie en Formule 1.

La première course marqua l’étonnant retour de M.Schumacher à la compétition après son accident qui l’avait laissé convalescent depuis Silverstone. L’allemand fit forte impression en menant le grand-prix avant de laisser son équipier Irvine s’envoler vers la victoire et ainsi prendre les commandes du championnat du monde. Le circuit malais vu également en 2003 l’éclosion de deux jeunes talents. Le samedi, Alonso décrocha une belle pole position mais c’est Raikkonen qui l’emporta le lendemain, son premier succès en F1, l’espagnol terminant à une méritée troisième place. Trois ans plus tard, Fisichella emmena un doublé Renault, le deuxième seulement de l’écurie française depuis 1982, performance jamais rééditée par l’écurie au losange. En 2013, la course fut marquée par plusieurs événements dont la sortie de piste d’Alonso ou l’arrêt chez McLaren d’Hamilton, alors pilote Mercedes. Pourtant, c’est l’écurie Red Bull qui fut au centre de toutes les attentions avec le fameux « Multi 21 ». Installé en tête devant Vettel, Webber se devait aller vers une victoire tranquille, ce qui ne fut pas de l’avis de l’allemand. Ce dernier n’écouta pas la consigne d’équipe et dépassa son équipier pour s’adjuger la victoire. Ce fut le début d’une relation glaciale entre ces deux pilotes jusqu’à la fin de la saison 2013. Vettel se rattrapa deux ans plus tard en gagnant avec manière devant les Mercedes pour son deuxième grand-prix avec la Scuderia. Un événement qui ne se reproduisit pas l’année suivante puisque le pilote Ferrari percuta son compatriote Rosberg au premier virage, envoyant ce dernier en tête à queue au milieu du peloton. Ce fut pourtant un des tournants de la saison dernière puisque Hamilton cassa son moteur alors qu’il dominait très largement, offrant à l’écurie Red Bull son premier doublé depuis 2013. Mais Vettel n’est pas le seul à s’être fait piéger dans ce premier virage. Réel entonnoir, les accrochages se produisent régulièrement, aux avant-postes comme en fond de peloton. Les frères Schumacher, Trulli, ou encore Montoya en auront fait la triste découverte.

Mais ce qui marqua incontestablement la Malaisie à tout jamais en Formule 1, ce sont les caprices du ciel. Prenez des trombes d’eau de Spa ou Silverstone et ajoutez les à la chaleur infernale d’un Bahreïn ou Yas Marina et vous obtenez un cocktail explosif. La première grosse averse tomba en 2001 peu après le départ. En tête de la course, les deux Ferrari sortirent de piste au même moment au même endroit alors que bon nombre de pilote effectuaient pirouettes et acrobaties. La course fut rapidement neutralisée par la voiture de sécurité, permettant à tous les pilotes de s’arrêter aux stands, un arrêt qui dura plus d’une minutes pour les deux Ferrari, alors dernières de la course. Mais les hautes températures séchèrent la piste rapidement et la course repris de plus belle avec au final, un doublé des voitures rouges ! Huit ans plus tard, la course débute sur le sec mais de gros nuages arrivèrent au-dessus de Sepang. S’en suivit alors un déluge des plus incroyables. Aucunes voitures ne pouvaient tenir la route sur une piste inondée transformant l’épreuve en course de bateau. Le drapeau rouge fut de sortie pour interrompre l’épreuve qui ne repartie pas en raison du trop grand manque de visibilité et de la nuit approchante. Button l’emporta sur sa Brawn mais n’empocha que la moitié des points, la course n’ayant pas excédée plus de 75% de sa distance. C’est la dernière fois qu’un grand-prix fut stoppé dans ces conditions. En 2012, rebelote. Le temps sec du départ ne tint pas et la pluie tomba rapidement. Le jeune Perez tenta un coup de poker en rentrant en premier pour chausser des pneus pluie avant le plus gros de l’averse. Le drapeau rouge fut à nouveau agité, Pérez deuxième, Vergne dans le top 10 avec des pneus intermédiaires, une réelle prouesse. Le temps changea rapidement et la course fut relancée. Les deux McLaren s’envolèrent mais Button toucha Karthikeyan et endommagea sa voiture. Au jeu des arrêts, Pérez prit la tête de la course mais Alonso sur sa modeste Ferrari le dépassa et récupéra la première place. Au fur et à mesure du grand-prix, le mexicain grappilla quelques secondes sur l’espagnol et revint dans son sillage à la fin de la course. Le mexicain commit toutefois une erreur qui le condamna à rester second de la course. Alonso l’emporta à la surprise générale, mais la performance du jour revenait sans conteste au pilote Sauber qui monta sur son premier podium au terme d’une course exceptionnelle. La pluie causa la majorité des incidents à Sepang même si quelques accidents sont à noter, comme Herbert et sa Jaguar en 2000, Fisichella et Webber en 2005, Maldonado en 2011 alors qu’il rentrait aux stands ou encore Alonso en 2013. La sortie la plus impressionnante reste toujours à l’actif de Petrov et sa Lotus en 2011 où le russe décolla sur une petite bosse avant de retomber assez violemment, brisant sa colonne de direction. L'accident de Grosjean durant les essais de 2017 fut aussi très impressionant, une plaque d'égout détachée cuasant l'explosion de son pneu arrière droit et l'envoya directement dans le mur.

Bien qu’étant une épreuve toujours très disputée, la Malaisie ne refera pas d’apparition en F1 pour l'instant. Les pluies torrentielles nous auront pourtant fournies de magnifiques courses restant encore aujourd’hui dans les annales compte tenu des prouesses d’équilibristes des pilotes.

Le circuit de Sepang en chiffres...

Années de présence en Formule 1 :

1999 - 2017

Longueur :

5.543 km

Nombre de tours :

56

Meilleur temps en qualifications :

1'30"076 (Hamilton - 2017)

Meilleur temps en course :

1'34"080 (Vettel - 2017)

bottom of page